Côtes-d'Armor : le faux couvreur, véritable escroc, veut retomber sur ses pattes
Côtes-d'Armor : le faux couvreur, véritable escroc, veut retomber sur ses pattes

Condamné pour avoir escroqué trois familles dans le Finistère, un homme originaire de Rostrenen tente aujourd’hui de sauver ce qui reste de sa carrière. Ce 28 mai, il a contesté devant la cour d’appel de Rennes l’interdiction d’exercer dans les travaux publics, estimant que sans cela, sa réinsertion est vouée à l’échec. Son passé, pourtant, ne plaide pas en sa faveur. Aurélien XXX, 36 ans, n’avait ni diplôme, ni outil, ni même permis de conduire quand il a pris la tête de l’entreprise Toiture 22, une “coquille vide” selon l’accusation. Il se faisait appeler « Antoine » sur Leboncoin, proposait des travaux de couverture, encaissait les acomptes, puis disparaissait. À une victime, il avait soutiré 3 000 euros en prétextant un accident ; elle n’a jamais revu ni l’argent, ni l’homme, ni le chantier.

Derrière lui, un casier judiciaire long comme un échafaudage 

Vols, violences, escroqueries, dix-sept condamnations entre 2006 et 2024. Sa stratégie ? Déléguer les travaux qu’il vendait à des sous-traitants, qu’il ne pouvait pas payer faute de trésorerie. Résultat : aucune prestation terminée, des familles flouées, et une entreprise utilisée comme paravent pour signer devis et factures bidon. La justice ne veut plus lui faire crédit. L’avocate générale réclame la confirmation de l’interdiction professionnelle, redoutant qu’il récidive. Face à elle, la défense tente un dernier argument : le prévenu ne saurait faire autre chose. « Il a toujours travaillé dans le bâtiment », plaide son avocate. « Lui interdire d’exercer, c’est l’empêcher de se relever. » Reste à savoir si la cour suivra. Elle rendra sa décision d’ici un mois. En attendant, celui qui se disait artisan attend de savoir s’il pourra encore se présenter comme tel. Les victimes, elles, ont déjà tranché.

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