Corps calciné dans le Gard : un meurtre filmé sur fond de guerre entre trafiquants
Corps calciné dans le Gard : un meurtre filmé sur fond de guerre entre trafiquants

Découverte macabre et exécution méthodique. C’est dans un coin reculé d’un minuscule village entre Nîmes et Alès que le cadavre partiellement calciné d’un jeune homme de 19 ans a été retrouvé mardi 15 juillet, par de simples promeneurs. L’enquête, désormais entre les mains du parquet de Nîmes, s’oriente sans détour vers un règlement de comptes d’une extrême violence, en lien direct avec les guerres de territoire que se livrent des groupes criminels à Nîmes. Les premières constatations ont révélé un scénario d’une brutalité implacable. La victime a été abattue avec une arme à feu – au moins une – avant que son corps ne soit incendié. Le parquet d’Alès, initialement saisi car compétent territorialement, a rapidement été relayé par celui de Nîmes au vu de la gravité des faits. 

Une mise en scène d’exécution pour marquer les esprits

L’autopsie a confirmé ce que la scène laissait déjà présager : l’homme a reçu plusieurs balles, dont une en pleine tête et deux dans le torse. La victime, un jeune de 19 ans et demi, aurait été un guetteur dans un réseau de trafic de drogue opérant depuis le quartier de Pissevin, zone déjà ensanglantée par de multiples fusillades ces dernières semaines. Selon une source policière, le meurtre aurait été filmé, puis diffusé sur les réseaux sociaux. Une séquence glaçante montre l’adolescent ligoté, encore en vie, avant d’être abattu. Son corps est ensuite aspergé d’un liquide inflammable et brûlé. Une signature criminelle qui en dit long sur la volonté d’intimider les rivaux. Ce mode opératoire semble répondre aux logiques des cartels où la violence spectaculaire sert autant à éliminer qu’à dissuader. 

Une enquête complexe s’annonce

Le parquet évoque une rivalité ultra-violente entre plusieurs bandes implantées dans différents quartiers de Nîmes : Pissevin, Valdegour, Némausus-Jonquilles, Mas-de-Mingue. Des zones gangrenées par les trafics et déjà sous haute tension. C’est dans ce contexte explosif que s’inscrit ce meurtre, dont la cruauté dépasse même les codes de la criminalité ordinaire. L’enquête, désormais ouverte pour meurtre en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime, s’annonce complexe. Le Gard, déjà frappé par des affaires de violences urbaines et de règlements de comptes ces derniers mois, se retrouve une fois encore sous le feu des projecteurs. Cette fois, c’est une exécution filmée et assumée qui révèle l’ancrage territorial d’un affrontement sanglant pour le contrôle du trafic. La justice, face à cette escalade, devra répondre avec la même détermination.

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