À Chelles, une banale histoire de boîte aux lettres a dégénéré en agression et s’est retrouvée ce lundi devant le tribunal correctionnel de Meaux. Deux frères de 38 et 39 ans ont été condamnés à huit mois de prison avec sursis pour avoir frappé une voisine, nièce de leur belle-mère. Les juges ont assorti la peine d’une interdiction d’entrer en contact avec la victime. Les faits remontent au 7 juillet, dans un immeuble de l’avenue de la Résistance. Les prévenus reprochaient à la jeune femme, déjà en conflit avec eux pour des nuisances sonores, d’avoir une nouvelle fois retiré leur nom de la boîte aux lettres. L’aîné, excédé, l’a bousculée, puis son cadet est intervenu et lui a asséné un coup de poing. La victime, placée sous tutelle, a obtenu cinq jours d’incapacité totale de travail pour un hématome à l’œil et une lèvre éclatée.
Excuses et tensions familiales
À l’audience, les deux hommes ont présenté des excuses. Le plus âgé, en panique devant la cour, a admis avoir perdu son sang-froid en raison de « propos déplacés » visant sa mère décédée. Son avocat a insisté sur ses difficultés personnelles, rappelant qu’il n’avait jamais comparu devant la justice. Le cadet, souffrant de schizophrénie, a peiné à garder son calme lors des débats. La défense a dénoncé une enquête incomplète, sans audition de témoins ni véritable enquête de voisinage. Les avocats ont néanmoins reconnu que la réaction de leurs clients avait été disproportionnée. Le tribunal a retenu la culpabilité tout en tenant compte de leurs regrets et de leur fragilité. Ce règlement de comptes domestique, sur fond de tensions familiales et de précarité, se solde donc par une condamnation symbolique mais assortie d’un avertissement clair : tout nouveau débordement pourrait entraîner une peine ferme.