Ils l’auraient enlevé, frappé, humilié, filmé — tout cela pour une dette présumée de 3 000 euros. Deux hommes originaires du Pakistan et d’Afghanistan, anciens colocataires de la victime, sont soupçonnés d’avoir organisé une expédition punitive contre un compatriote à Bobigny, puis de l’avoir séquestré cinq heures durant à Chelles. Le procès a été renvoyé, mais les deux suspects dorment en prison.
Séquestration, coups et vidéos de chantage
Le 17 mai dernier, les deux prévenus auraient forcé leur ancienne connaissance à monter dans une voiture avant de l’emmener dans une maison de Chelles. Là, selon les déclarations de la victime, ils l’auraient ligoté, frappé, entièrement déshabillé et filmé. Des vidéos utilisées ensuite pour le menacer de diffuser les images s’il refusait de payer les 3 000 euros qu’ils réclamaient. Ils lui auraient également volé ses papiers. Devant le tribunal correctionnel de Meaux, les deux accusés ont nié les faits. L’un est en situation irrégulière et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français. L’autre, arrivé en France en 2018, prépare une formation d’agent de sécurité. « Permettez-moi de douter de cette vocation », a cinglé la procureure.
Une affaire trouble et un troisième homme en coulisses
L’enquête, jugée lacunaire par la défense, semble incomplète. Un troisième individu serait à l’origine de cette opération, mais n’a jamais été interpellé. Neuf personnes vivent dans la maison où la victime aurait été retenue. Aucune n’a encore été entendue. Le tribunal a donc ordonné un complément d’enquête et le renvoi du procès au 15 juillet. En attendant, les deux hommes resteront détenus. Leur profil, le risque de fuite et de pressions sur la victime ont convaincu les juges de ne pas les relâcher. Le fond de l’affaire, lui, reste encore à éclaircir.