Chant en hébreu, vol annulé et directrice menottée : le choc d’un groupe d’enfants juifs sur un vol Vueling
Chant en hébreu, vol annulé et directrice menottée : le choc d’un groupe d’enfants juifs sur un vol Vueling

Ce qui devait être un simple retour de colonie de vacances s’est transformé en cauchemar pour une cinquantaine d’enfants juifs et leurs accompagnants. Mercredi 23 juillet, alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer sur un vol Vueling entre Valence et Paris, le groupe a été débarqué manu militari, leur directrice menottée devant eux. En cause, selon la version des familles : un chant en hébreu qui aurait déclenché l’intervention de l’équipage, puis de la police. Les enfants, âgés de 13 à 15 ans, revenaient d’un séjour à Calella, en Espagne. Une fois installés dans l’avion, certains auraient entonné un chant en hébreu, provoquant l’irritation d’un membre du personnel navigant commercial. Rapidement, le ton serait monté et l’équipage aurait décidé de faire appel aux forces de l’ordre. La Guardia Civil est intervenue, exigeant l’évacuation du groupe dans son ensemble. La situation a alors viré à l’affrontement verbal, puis physique. La directrice du groupe, refusant que les téléphones des enfants soient saisis, aurait été plaquée au sol et menottée sous les yeux de ses jeunes protégés.

Vueling se défend, les familles dénoncent une dérive brutale

À en croire les témoignages de plusieurs parents, les enfants auraient ensuite été isolés dans une salle de l’aéroport, sans possibilité de communiquer, certains restant bloqués toute la nuit. Des associations locales auraient finalement pris en charge une partie du groupe. Pour les proches, le choc est immense. Certains dénoncent un « acte antisémite », des références à la Seconde Guerre mondiale refaisant surface dans les propos indignés de plusieurs familles. Face à la vague de critiques, Vueling a publié un communiqué niant toute discrimination religieuse. Selon la compagnie, le groupe se serait montré « fortement conflictuel », interrompant la démonstration des consignes de sécurité, manipulant du matériel à bord et ignorant les avertissements de l’équipage. L’intervention de la Guardia Civil aurait été déclenchée dans le cadre des « protocoles de sécurité ». Une fois débarqués, certains membres du groupe auraient, toujours selon la version officielle, adopté un « comportement agressif » à l’encontre des autorités, justifiant l’arrestation de l’une des responsables.

Un contexte tendu, des familles prêtes à porter plainte

La compagnie affirme rejeter « toute forme de discrimination », assurant que la décision de débarquer le groupe n’était liée ni à des chants religieux ni aux signes extérieurs portés par les enfants. Ce nouvel incident intervient dans un climat lourd. Depuis le déclenchement de la guerre à Gaza, la France connaît une flambée des actes antisémites. Le nombre d’agressions signalées aurait presque triplé sur le premier semestre 2024, atteignant un niveau jamais vu depuis des décennies. Dans ce contexte, l’affaire du vol Vueling prend une dimension plus sensible encore. Les familles des enfants envisagent désormais des poursuites judiciaires. Au-delà du simple couac logistique, elles dénoncent une violence institutionnelle et un traumatisme profond infligé à des mineurs. Le scandale ne fait que commencer.

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