Canal Saint-Martin: un jeune homme entre la vie et la mort, l'enquête requalifiée en tentative d'homicide
Canal Saint-Martin: un jeune homme entre la vie et la mort, l'enquête requalifiée en tentative d'homicide

Ce soir-là, le canal Saint-Martin avait ses airs habituels de lieu de passage et de retrouvailles. Puis tout a dérapé. Cinq jours après une agression survenue dans le 10e arrondissement de Paris, un jeune homme reste en urgence absolue, selon le parquet de Paris. Il est toujours hospitalisé et son état inspire la même inquiétude, lourde, silencieuse, que dans ces affaires où quelques secondes suffisent à faire basculer une vie.

Dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 avril, vers 22h30, la victime se trouvait avec d’autres jeunes à proximité du canal. D’après les premiers éléments, un homme sans domicile fixe, installé dans un campement de fortune place Raoul-Follereau, se serait approché du groupe après avoir été incommodé par du bruit. Le parquet évoque un geste « sans raison apparente »: un coup porté à la tête avec une planche en bois. Le jeune homme s’est effondré, inconscient, sur place.

Transporté à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il présentait une plaie saignante. Les médecins l’ont placé dans le coma artificiel. Le pronostic vital restait engagé lors du dernier point de situation communiqué par l’autorité judiciaire. Dans ce Paris qui ne dort jamais, la brutalité frappe parfois sans mobile clair, comme une porte qui claque trop fort dans un couloir déjà bruyant.

Un coup de planche, une nuit qui bascule

Peu après l’alerte, l’auteur présumé a été interpellé. Placé en garde à vue, il a ensuite vu sa mesure levée en raison de son admission à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (I3P), où il se trouvait toujours. Une séquence qui dit aussi quelque chose de la rue, de ses tensions et de ses fragilités, quand l’ordre public se cogne au mur de la psychiatrie d’urgence.

Autre volet, plus trouble: deux amis de la victime, soupçonnés d’avoir frappé le mis en cause en réaction, ont eux aussi été placés en garde à vue, selon une source policière. La scène, si elle se confirme, illustre ce réflexe instantané, presque mécanique, de rendre coup pour coup quand la sidération laisse place à la colère. Dans les faits divers, la frontière entre témoin, victime et mis en cause peut se brouiller en quelques minutes.

Jeudi 30 avril, le parquet de Paris a requalifié les faits en « tentative d’homicide volontaire », après une ouverture initiale pour violences aggravées. Un mandat d’amener a été délivré et le suspect devra être présenté à un magistrat dès sa sortie de l’I3P. L’enquête se poursuit sous la direction du service d’accueil et d’investigations de proximité du 10e arrondissement, avec une question qui plane sur les berges du canal: comment une altercation née d’un simple bruit peut-elle finir au seuil de la mort.

Partager

Communauté

Commentaires

Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.