Les forces de l’ordre ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Depuis plusieurs mois, gendarmerie et police multiplient les contrôles pour traquer une combine bien connue : les automobilistes qui masquent ou retournent leur plaque d’immatriculation afin d’éviter de payer les péages. Un petit manège qui coûte des millions d’euros chaque année aux sociétés d’autoroutes, et qui peut désormais valoir très gros à ceux qui s’y risquent. Certains conducteurs rivalisent d’ingéniosité pour déjouer les caméras : systèmes mécaniques rotatifs commandés à distance, caches amovibles, films réfléchissants ou même tissus noirs accrochés à la hâte. Mais ces bricolages d’amateurs sont désormais détectés grâce à des caméras haute définition, capables d’identifier les plaques partiellement dissimulées. Les sociétés d’autoroutes collaborent avec les forces de l’ordre pour recouper les images des péages, des radars automatiques et des patrouilles mobiles.
Des sanctions lourdes pour les fraudeurs
La loi est claire : falsifier ou masquer sa plaque constitue une infraction pénale. Les contrevenants s’exposent à 3 750 euros d’amende, la confiscation du véhicule et jusqu’à cinq ans de prison si la manœuvre est considérée comme une falsification de preuve. Ces dernières semaines, plusieurs opérations de grande ampleur ont eu lieu sur l’A7, l’A10, l’A13 ou encore l’A63. Des dizaines d’automobilistes ont été surpris en flagrant délit, parfois en pleine manipulation de leur dispositif. Les autorités n’hésitent plus à employer les grands moyens : drones, véhicules banalisés et jumelles thermiques scrutent les zones de péage. Certains fraudeurs ont été arrêtés à la sortie même de la barrière, les mains encore sur leur mécanisme rotatif. « Ce n’est plus de l’imprudence, c’est de la fraude organisée », confie un officier de la gendarmerie autoroutière, rappelant que chaque dispositif saisi devient une preuve aggravante.
Tolérance zéro sur les autoroutes françaises
Face à la recrudescence des fraudes, la justice durcit le ton. Un automobiliste interpellé sur l’A6 a récemment écopé de six mois de prison avec sursis et de 2 000 euros d’amende. Un autre, récidiviste, a vu son permis suspendu pour un an. Les magistrats rappellent que la dissimulation d’une plaque est assimilée à une falsification de document officiel. Les sociétés d’autoroutes expérimentent désormais des systèmes de péage sans barrière, à reconnaissance automatique, inspirés du modèle scandinave. Mais la technologie ne suffit pas si les automobilistes persistent à tricher. Comme le résume un porte-parole de Vinci Autoroutes : « Ceux qui fraudent font payer les autres. » Les autorités, elles, préviennent : la tolérance zéro est désormais la règle, et les combines d’hier ne trompent plus personne.