Attestation parentale pour sortir la nuit : à Triel-sur-Seine, un couvre-feu qui divise
Attestation parentale pour sortir la nuit : à Triel-sur-Seine, un couvre-feu qui divise

Un mot signé des parents pour avoir le droit de circuler entre 23h et 5h du matin : à Triel-sur-Seine, dans les Yvelines, les mineurs devront désormais présenter une attestation parentale s’ils souhaitent sortir la nuit. L’arrêté municipal, en vigueur jusqu’au 1er novembre, suscite autant d’adhésion que de stupeur. Pour certains, c’est un outil de prévention. Pour d’autres, une mesure infantilisante et électoraliste. Ce document inédit en France doit mentionner l’identité des parents, leur numéro de téléphone et le motif de la sortie nocturne. À l’origine de cette initiative, le maire sans étiquette Cédric Aoun, qui invoque une hausse des actes de délinquance juvénile : dégradations, nuisances, errances dans les caves. Son objectif ? « Redonner le contrôle aux familles » et restaurer un semblant d’ordre.

Un climat tendu, des habitants partagés

Dans les rues de Triel, les réactions oscillent entre compréhension et ironie. Des riverains saluent une décision « de bon sens », comme ce couple de retraités qui estime qu’« il est temps de recadrer les jeunes ». D’autres, comme Alain, y voient « un coup d’éclat électoraliste », alors que le maire a déjà vu un précédent arrêté retoqué par le tribunal administratif pour atteinte aux libertés. L’ajout de cette autorisation parentale semble, cette fois, mieux balisé juridiquement. Mais dans une ville où beaucoup considèrent que les problèmes sont minimes, certains jugent l’initiative exagérée. « Un mot de papa-maman à 17 ans pour rentrer de soirée ? Sérieusement ? » s’interroge un habitant sur les réseaux sociaux. Mohamed, père de deux enfants, s’agace : « Depuis le Covid, ce besoin de contrôle permanent m’insupporte. Laissez-nous éduquer nos enfants. » Même tonalité chez Kevin, qui n’a « jamais eu de souci » en sept ans dans la rue principale.

La mairie, de son côté, défend un cadre « éducatif »

L’attestation doit, selon elle, favoriser un dialogue entre parents et enfants, avec la possibilité pour la police municipale de solliciter un médiateur. Un dispositif pensé comme une passerelle, pas une sanction. « Ce n’est pas un laissez-passer, c’est un lien », insiste le maire. Reste à savoir si cette expérimentation fera école ailleurs. À Triel, le débat est lancé. Et derrière l’enjeu de tranquillité publique, c’est toute la question de la responsabilité parentale qui revient sur le devant de la scène.

Partager