Quatre policiers du commissariat de Carpentras ont reçu mardi 11 novembre la médaille de bronze de la sécurité intérieure pour avoir mené l’enquête qui a permis de révéler l’affaire des viols de Mazan. Leur travail a été salué comme décisif dans la mise au jour des violences subies par Gisèle Pelicot, droguée et abusée à son insu par plusieurs hommes sur plusieurs années.
Une intuition qui a tout déclenché
Tout est parti d’un fait divers survenu en septembre 2020. Les enquêteurs avaient alors interpellé Dominique Pelicot dans un supermarché de Carpentras, après l’avoir surpris en train de filmer sous les jupes de clientes. Soupçonnant un comportement plus grave, ils ont décidé d’approfondir leurs recherches. En exploitant le matériel informatique du suspect, ils ont découvert des vidéos compromettantes qui ont conduit à l’ouverture d’une enquête pour viols en série. Leur initiative a permis de mettre au jour l’un des dossiers les plus marquants de ces dernières années en matière de violences sexuelles. Emmanuel Desjars, directeur interdépartemental de la police nationale en Vaucluse, a rendu hommage à leur détermination : « Sans eux, il n’y aurait pas eu d’affaire Pelicot. Leur flair et leur persévérance ont fait toute la différence. »
Une enquête hors norme et une reconnaissance rare
Rapidement confiée à la police judiciaire d’Avignon, l’enquête a conduit à l’inculpation de 51 hommes pour viols aggravés sur Gisèle Pelicot, tous condamnés depuis. L’affaire, devenue emblématique, a contribué à sensibiliser l’opinion publique sur la soumission chimique et la question du consentement. L’un des policiers décorés a confié avoir été ému par cette reconnaissance : « Cette histoire nous est tombée dessus, on ne l’a pas choisie. On a simplement essayé de faire notre travail du mieux possible. C’est un honneur de recevoir cette médaille. » Le parcours de Gisèle Pelicot, qui a refusé que ses procès se tiennent à huis clos pour que « la honte change de camp », a profondément marqué la société française. Son combat et le travail des enquêteurs qui ont osé aller au-delà des apparences restent aujourd’hui salués comme une victoire pour la vérité et la dignité des victimes de violences sexuelles.