Chapiteau dressé, ménagerie installée, affiches placardées : à Buchelay, près de Mantes-la-Jolie, le cirque franco-belge de la famille Muller a posé ses valises comme si de rien n’était. Depuis le 18 août, ses camions occupent le parking privé du Basic-Fit. Problème : ni le propriétaire du terrain ni la municipalité n’ont donné leur accord. La mairie affirme même que l’accès a été forcé et a immédiatement pris un arrêté interdisant toute représentation. La première devait pourtant avoir lieu ce vendredi 22 août et un millier de billets auraient déjà été vendus. Les circassiens, eux, assurent être en règle. Forts de neuf générations sur les routes, ils soutiennent avoir obtenu les autorisations nécessaires et entendent bien jouer leur spectacle jusqu’au 31 août. « On n’a rien à cacher », répètent-ils, mettant en avant leurs installations et leurs animaux, tigres blancs compris. Mais la mairie dément catégoriquement et parle d’occupation illégale.
Un bras de fer qui rappelle de précédents
Le maire de Buchelay a transmis son arrêté aux autorités et n’exclut pas de solliciter la police pour faire respecter la décision. Il rappelle que la commune interdit depuis 2018 l’installation de cirques exploitant des animaux sauvages. Un terrain alternatif aurait même été proposé aux Muller dans une commune voisine, mais refusé par la troupe, décidée à rester sur le parking du centre commercial. La situation fait écho à d’autres épisodes récents. En février, un cirque avait déjà planté son chapiteau sans autorisation sur le parking d’un hypermarché local, poussant le gestionnaire à porter plainte. Ailleurs en France, plusieurs communes ont connu des installations sauvages de cirques itinérants, parfois avec des incidents : dégradations sur l’espace public, animaux en divagation ou disputes judiciaires interminables.
Une tradition en sursis
Au-delà de ce bras de fer local, c’est toute une tradition qui vacille. De plus en plus de villes bannissent les cirques avec animaux, au nom du bien-être animal et de la sécurité publique. La loi prévoit d’ailleurs leur interdiction totale à partir de décembre 2028. En attendant, chaque tournée tourne au casse-tête, entre affichages de spectacles, billets vendus et arrêtés municipaux. À Buchelay, l’avenir immédiat du « cirque de la discorde » reste flou. Les spectateurs qui pensaient assister à une représentation sous le chapiteau pourraient bien voir la gendarmerie intervenir avant le lever de rideau. Reste à savoir si la troupe pliera bagage ou si elle choisira d’ignorer l’arrêté municipal, au risque de transformer son spectacle en affrontement juridique.