Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a annoncé mercredi que l’Alliance atlantique travaillait avec l’Union européenne à la mise en place d’un « mur anti-drones » destiné à renforcer la défense du continent face à la multiplication des menaces aériennes. Ce projet vise à protéger les infrastructures critiques et les frontières européennes contre les attaques de drones, devenues un enjeu stratégique majeur depuis le début de la guerre en Ukraine.
Lors d’une visite en Slovénie, Rutte a expliqué que cette initiative conjointe permettra de coordonner les systèmes de détection, d’interception et de neutralisation de drones à travers les pays membres. « Les drones représentent l’un des défis les plus urgents pour notre sécurité collective. L’Europe doit se doter d’un bouclier intégré capable de détecter et de contrer ces menaces avant qu’elles ne frappent », a-t-il déclaré.
Le projet, soutenu par plusieurs États membres de l’OTAN et de l’UE, comprendrait le déploiement d’un réseau de radars, de capteurs électroniques et de systèmes anti-aériens le long du flanc oriental de l’Europe — de la mer Baltique jusqu’à la mer Noire. Ce dispositif vise à contrer non seulement les drones militaires utilisés par des puissances étrangères, mais aussi les appareils civils détournés à des fins terroristes ou de sabotage.
L’annonce intervient dans un contexte de forte préoccupation face aux nouvelles capacités offensives de la Russie, de l’Iran et de groupes non étatiques utilisant des drones de reconnaissance et d’attaque. Selon l’OTAN, les incidents impliquant des appareils sans pilote à proximité d’infrastructures critiques européennes, notamment dans les domaines de l’énergie et des télécommunications, se sont multipliés au cours de l’année.
Rutte a précisé que ce mur anti-drones s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la défense aérienne européenne et à accroître la coopération industrielle entre les alliés. L’OTAN espère que ce programme permettra également d’encourager la production conjointe de technologies de défense, afin de réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs extérieurs.
Ce projet de défense intégrée sera discuté plus en détail lors du prochain sommet de l’OTAN, où les alliés devraient formaliser les modalités de financement et le calendrier de déploiement du dispositif.