Le 19 août 117, à Antioche, le légat de Syrie Publius Aelius Hadrianus, plus connu sous le nom d’Hadrien, est proclamé empereur par ses troupes à la mort de Trajan. Ce dernier, premier empereur romain né en province, avait porté l’Empire à son apogée territorial, de l’Écosse au golfe Persique. Mais il meurt soudainement en Cilicie, sans avoir clairement désigné de successeur. Grâce à l’appui décisif de l’impératrice Plotine, veuve de Trajan, Hadrien est présenté comme son fils adoptif posthume. Cette manœuvre, destinée à donner une légitimité dynastique à son pouvoir, permet à Hadrien d’être reconnu par le Sénat comme nouvel empereur.
La fin de l’expansion romaine
Contrairement à Trajan, conquérant énergique qui avait annexé la Dacie et brièvement envahi la Mésopotamie, Hadrien choisit de stabiliser l’Empire. Il abandonne des territoires jugés trop difficiles à défendre et s’attache à fortifier les frontières. Son règne est marqué par la construction de l’imposant mur d’Hadrien en Bretagne, une ligne de défense de 117 kilomètres de long, mais aussi par le renforcement du limes danubien et oriental. Ce repli stratégique, pensé pour durer, est perçu comme une humiliation par une partie de l’élite romaine attachée à l’idéal de conquête.
Un empereur voyageur et bâtisseur
Hadrien se distingue aussi par son goût des voyages. Rarement installé à Rome, il parcourt presque toutes les provinces, inspecte les garnisons, réorganise les finances et encourage l’essor urbain. Admirateur passionné de la culture grecque, il protège les arts et les lettres, fonde des cités et érige de grands monuments, dont la rénovation du Panthéon et sa fastueuse villa à Tivoli. Mais cette passion pour l’hellénisme, tout comme son autoritarisme et son attachement à son favori Antinoüs, lui valent critiques et incompréhension.
Un règne durable mais controversé
Hadrien meurt en 138 après vingt ans de règne, laissant à son successeur Antonin le Pieux un empire pacifié et prospère. Pourtant, son souvenir reste ambivalent : considéré par beaucoup comme un administrateur visionnaire et un bâtisseur génial, il fut aussi jugé par ses contemporains comme un prince distant, voire déroutant. Mais en choisissant de consolider plutôt que de conquérir, Hadrien assura à Rome une stabilité sans équivalent, faisant du IIᵉ siècle l’apogée du Haut-Empire.