La Roumanie a confirmé mercredi que les États-Unis allaient retirer une partie de leurs troupes stationnées sur le flanc est de l’OTAN, dans le cadre d’un réajustement stratégique plus large visant à concentrer les ressources militaires américaines sur la défense du territoire national et la région indo-pacifique.
Selon le ministre roumain de la Défense, Bucarest a été officiellement informé de cette décision, qui concernerait plusieurs centaines de soldats actuellement déployés dans le pays. L’armée américaine maintiendra toutefois un contingent permanent de 3 500 hommes, considéré comme « suffisant pour garantir la dissuasion et la sécurité régionales ».
Ce redéploiement intervient dans un contexte de recomposition des priorités militaires américaines. Washington souhaite réduire son empreinte en Europe de l’Est, estimant que les capacités de défense de l’OTAN dans la région sont désormais mieux structurées. Une partie des effectifs devrait être réaffectée à des missions liées à la sécurité du Pacifique, notamment face à la montée en puissance de la Chine.
L’OTAN a réagi en assurant que l’alliance reste « pleinement coordonnée » avec les États-Unis sur les questions de déploiement. « Nos opérations sur le flanc est demeurent solides, et la présence américaine en Europe continue d’assurer la stabilité de la région », a déclaré un porte-parole de l’organisation à Bruxelles.
Cette décision suscite toutefois des critiques à Washington, notamment de la part de plusieurs élus républicains influents, qui y voient un signal de faiblesse envoyé à la Russie. Certains estiment qu’un désengagement, même partiel, pourrait fragiliser la posture défensive de l’OTAN en Europe centrale à un moment où Moscou multiplie ses démonstrations de force.
La Roumanie, frontalière de l’Ukraine et considérée comme un pilier stratégique du dispositif de l’alliance dans la région de la mer Noire, a réaffirmé sa volonté de maintenir une coopération militaire étroite avec les États-Unis et ses alliés. Bucarest souligne que, malgré la réduction annoncée, la présence américaine reste un « élément clé de la sécurité régionale » face aux menaces persistantes à l’est.