Le collectif Némésis hausse le ton face aux accusations relayées par L’Humanité. Dans un communiqué publié mardi 24 février, l’organisation féministe annonce avoir déposé plainte pour diffamation, dénonçant une « intoxication grossière » et une lecture jugée trompeuse d’échanges privés datant d’octobre 2025.
À l’origine de la controverse, des conversations Telegram révélées par le quotidien communiste. Dans ces messages, une responsable locale de Némésis évoquait la possibilité que « deux ou trois filles » puissent tracter « un peu pour faire l’appât », tandis qu’un militant nationaliste proposait de mobiliser une équipe pour « choper les gauches ». L’opération évoquée n’a toutefois donné lieu à aucun affrontement sur le terrain.
Pour Némésis, l’interprétation médiatique de ces échanges relève d’un « amalgame ». Le collectif affirme que les propos cités ont été sortis de leur contexte et ne concernaient en aucun cas un projet d’agression physique. Selon l’organisation, il s’agissait d’une action militante classique d’agit-prop, de type tractage ou stickage, pratique courante dans le militantisme étudiant.
Le mouvement insiste également sur sa ligne officielle de non-recours à la violence. Il assure n’avoir « jamais donné de directive, de consigne ou de permis » pour organiser un quelconque traquenard et rappelle que toute initiative individuelle contraire à sa charte ne saurait être revendiquée en son nom. Némésis met en avant ses six années d’existence sans condamnation judiciaire pour appuyer sa crédibilité.
Dans son communiqué, le collectif estime par ailleurs que la séquence médiatique intervient dans un contexte particulièrement sensible après la mort de Quentin Deranque à Lyon, militant proche du mouvement qui a été lynché par des militants d’ultra-gauche appartenant à La jeune garde. Némésis y voit une tentative de « diabolisation » visant à brouiller la lecture des faits, alors que les circonstances précises de cette affaire restent encadrées par l’enquête judiciaire.
Déterminé à défendre son honneur, le collectif annonce engager des poursuites contre toute personne reprenant des accusations qu’il juge mensongères et diffamatoires, citant notamment Jean-Luc Mélenchon après ses déclarations publiques. La bataille devrait désormais se poursuivre sur le terrain judiciaire, où Némésis entend faire valoir sa version des faits.
Cette polémique remet aussi en lumière les fragilités judiciaires et les controverses passées de L’Humanité, souvent présenté comme donneur de leçons. En octobre 2014, la Société nouvelle du journal L’Humanité a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des détournements de la CCAS d’EDF-GDF, en tant que personne morale reconnue coupable notamment d’abus de confiance, recel et complicité, avec une amende de 75 000 euros dans un dossier portant sur des pratiques liées, entre autres, à des emplois fictifs et des prestations financées par la CCAS. Le journal a également été confronté à un contentieux prud’homal avec des abonneurs VRP licenciés, donnant lieu à des condamnations en première instance puis en appel avant une cassation.