Les Français serrent les cordons de la bourse : la consommation en berne
Les Français serrent les cordons de la bourse : la consommation en berne

Fruits, viande, vêtements, électroménager ou voitures : les Français achètent moins que leurs voisins européens, malgré la baisse de l’inflation et la hausse du pouvoir d’achat. Ce paradoxe économique, observé depuis plusieurs trimestres, inquiète les experts, car la consommation des ménages représente près de la moitié de la richesse produite chaque année en France. Selon l’Insee, la consommation progresse désormais moins vite que les revenus. Les biens matériels sont les plus touchés, notamment l’alimentation, où la baisse cumulée atteint 8 % depuis 2022. Les ménages privilégient les produits bon marché comme les pâtes ou les plats préparés, au détriment des fruits, légumes et viandes fraîches. Même tendance pour le textile ou l’automobile, où la prudence et l’attentisme technologique freinent les achats.

Un pessimisme français qui plombe la reprise

Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, la confiance des ménages s’est nettement dégradée. Les Français broient du noir et se montrent bien plus pessimistes que leurs voisins européens. Pourtant, les salaires progressent et le marché du travail résiste. Mais la perception reste morose, alimentée par l’instabilité politique et les tensions géopolitiques. Ce climat d’incertitude se traduit par une frilosité accrue : la croissance de la consommation atteindrait seulement +0,5 % en 2025, après +1 % en 2024, tandis que le pouvoir d’achat augmenterait de 2,5 %. Résultat : les ménages préfèrent épargner plutôt que dépenser. Le taux d’épargne, qui atteint désormais 18,5 %, bat un record inédit depuis 45 ans (hors période Covid).

Une épargne record, mais pas de rebond en vue

Cette hausse de l’épargne provient en partie de la revalorisation des pensions et des revenus du patrimoine, favorisés par la hausse des taux d’intérêt. En 2024, les retraités représentaient à eux seuls les deux tiers de l’augmentation du taux d’épargne. Les changements d’habitudes semblent durables : sobriété énergétique, prudence écologique, préférence pour la restauration à emporter et recul des achats non essentiels. Un état d’esprit qui, selon les analystes, risque de freiner durablement la croissance française, faute d’un redémarrage significatif de la consommation.

Que retenir rapidement ?

Fruits, viande, vêtements, électroménager ou voitures : les Français achètent moins que leurs voisins européens, malgré la baisse de l’inflation et la haus

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