Le vieillissement accéléré des populations représente une véritable « bombe à retardement » pour la croissance économique, a averti la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) dans une nouvelle analyse publiée mardi. Selon l’institution, de nombreux pays, notamment parmi les nations post-communistes, « vieillissent avant de s’enrichir », ce qui risque de limiter fortement leur potentiel de développement dans les décennies à venir.
La BERD souligne que, dans ces économies en transition, la baisse de la natalité et l’augmentation de l’espérance de vie réduisent la main-d’œuvre disponible, tout en augmentant la charge pesant sur les systèmes sociaux. Cette évolution démographique intervient alors que les dirigeants politiques eux-mêmes sont de plus en plus âgés, ce qui pourrait, selon la banque, rendre plus difficile l’adoption de réformes ambitieuses pour répondre à ces défis structurels.
Si certains pays plus jeunes, comme le Nigeria, bénéficient encore d’un dynamisme démographique, la BERD alerte sur le caractère potentiellement « éphémère » de cet avantage. Une croissance rapide de la population ne garantit pas automatiquement une croissance économique durable : sans investissements dans l’éducation, les infrastructures et la création d’emplois, cet élan peut rapidement s’essouffler.
Pour la banque, la question du vieillissement doit devenir une priorité des politiques publiques, tant en Europe que dans les pays émergents. Elle appelle à renforcer les systèmes de retraite, à encourager l’innovation et à favoriser une augmentation des taux d’activité, notamment chez les seniors. Sans mesures fortes, prévient-elle, l’impact démographique pourrait peser lourdement sur le PIB mondial au cours des prochaines décennies.