Dès le premier jour de l’année, les prix à la pompe devraient grimper de manière sensible. Selon les professionnels du secteur, l’évolution du dispositif des certificats d’économies d’énergie va ajouter de 4 à 6 centimes par litre sur l’addition des automobilistes. Derrière cette hausse annoncée, l’explication est administrative et financière : les fournisseurs d’énergie devront financer davantage d’actions destinées à réduire la consommation et à améliorer l’efficacité énergétique, une obligation imposée par l’État et rendue plus exigeante pour 2026.
Un dispositif coûteux, désormais renforcé
Mis en place en 2005, le système des certificats d’économies d’énergie repose sur un principe simple : chaque fournisseur doit soutenir des investissements permettant de réduire la consommation, comme le remplacement d’un équipement polluant. En échange, il obtient un certificat à présenter à l’État. La nouvelle période du dispositif, qui démarrera au 1er janvier, élève nettement le niveau d’obligation. D’après les estimations transmises aux distributeurs, cette montée en charge entraînera mécaniquement une hausse du coût intégré au litre de carburant. Les 11 centimes imputables aujourd’hui aux certificats devraient passer à 15 voire 17 centimes dès 2026. Le mécanisme étant appliqué sur les volumes vendus dès janvier, la répercussion sur les prix devrait intervenir immédiatement.
Un impact inévitable sur les pompes
Dans un marché non régulé comme celui des carburants, la hausse de charge pour les distributeurs ne devrait laisser aucune marge de manœuvre : leurs bénéfices sur chaque litre se comptent en centimes, insuffisants pour absorber ce surplus. La nouvelle philosophie du dispositif, qui doit atteindre une enveloppe totale d’environ 8 milliards d’euros en 2026, représente une pression inédite pour les entreprises concernées et, par ricochet, pour les consommateurs.
Une augmentation qui dépasse les carburants
Le gaz n’est pas épargné. Les clients des contrats Passerelle d’Engie verront leur facture annuelle progresser d’environ 3,5 %, une hausse liée à cette même évolution réglementaire et à un soutien renforcé au biogaz. L’abonnement n’est pas modifié mais les montants facturés pour la consommation suivront l’augmentation.
Un gouvernement sous surveillance
À Bercy comme à Matignon, la question du pouvoir d’achat énergétique reste sensible. Le ministère de l’Économie assure qu’il suivra de près l’impact de ces obligations sur les prix tout au long de l’année 2026, tandis que des scénarios de baisse de l’électricité sont déjà en préparation. Pour les automobilistes comme pour les usagers du gaz, la nouvelle année commencera donc sous le signe d’une facture en hausse, conséquence directe d’un dispositif conçu pour financer la transition énergétique, mais devenu l’un des leviers les plus coûteux de la politique publique en matière de consommation.