Plan « zéro portable » en prison : Darmanin promet la fermeté, mais l’efficacité reste à démontrer
Plan « zéro portable » en prison : Darmanin promet la fermeté, mais l’efficacité reste à démontrer

En visite à la prison de la Santé, Gérald Darmanin a lancé en grande pompe son plan « zéro portable en prison ». Brouilleurs renforcés, scanners, contrôle accru des accès, nouveaux agents et sécurisation des promenades : le ministre assure vouloir reprendre la main sur des établissements gangrenés par les trafics. Reste une question essentielle : ces annonces mettront-elles enfin un terme à une situation qui perdure depuis des années malgré des promesses répétées ?

Scanners, brouilleurs et recrutement d’agents : un arsenal de mesures annoncé

Avec un budget d’environ 30 millions d’euros, mais seulement six établissements pilotes, difficile de croire que l’exécutif puisse réellement transformer un système carcéral à bout de souffle. Au programme, l’ambition tout de même d’installer scanners, tunnels à rayon X, portiques à ondes millimétriques, couverture des cours pour empêcher les jets de téléphones et de drogue, sans oublier un nouveau réseau de brouilleurs censé neutraliser les communications clandestines. Pour le ministre, il est devenu « plus compliqué de prendre l’avion que d’entrer en prison », un aveu qui résume l’ampleur du problème.

Le plan s’appliquera immédiatement à Paris, Dijon, Toulouse, Rennes, Arras et Toulon, avec six à sept mois de travaux prévus dans chaque site. Parallèlement, le gouvernement promet le recrutement de 1 000 agents supplémentaires en 2026, présenté comme « le plus gros renfort de toutes les administrations ». De quoi afficher une volonté de fermeté après des années d’atermoiements.

Un objectif répété sans cesse, mais jamais tenu

Mais derrière le vernis sécuritaire, rien dans ce plan n’est réellement inédit. En 2024, plus de 80 000 téléphones avaient été saisis dans les prisons françaises malgré les contrôles et les brouilleurs déjà existants. Un chiffre vertigineux, preuve que l’interdiction est largement contournée. La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, le rappelle : la prolifération des appareils est désormais si ancrée que leur disparition totale relève presque de l’illusion.

Les promesses se succèdent, les dispositifs aussi, mais l’écosystème carcéral continue de fabriquer du trafic à un rythme industriel, tant et si bien que piloter des activités criminelles, téléphone en main depuis sa cellule, est devenu monnaie courante pour les détenus. Au fond, ce plan ne répond qu’à une question : l’État est-il encore capable de faire respecter la loi derrière ses propres murs ? Rien ne prouve aujourd’hui que cette énième annonce permettra enfin de reprendre le contrôle.

Que retenir rapidement ?

En visite à la prison de la Santé, Gérald Darmanin a lancé en grande pompe son plan « zéro portable en prison ». Brouilleurs renforcés, scanners, contrôle

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