En Slovaquie, de nouvelles mesures gouvernementales font craindre un recul de l’état de droit (AP)
En Slovaquie, de nouvelles mesures gouvernementales font craindre un recul de l’état de droit (AP)

Le Parlement slovaque a approuvé la suppression du bureau chargé de la protection des lanceurs d’alerte, une décision qui s’ajoute à une série de mesures controversées prises par le gouvernement de Robert Fico et qui nourrissent les inquiétudes quant au respect de l’état de droit dans ce pays membre de l’Union européenne. Les autorités affirment vouloir corriger des abus supposément commis par l’administration précédente, tandis que les organisations civiques et les observateurs internationaux dénoncent un affaiblissement des contre-pouvoirs.

Depuis son retour au pouvoir en 2023, la coalition dirigée par Fico a entrepris plusieurs réformes visant le système judiciaire, les médias et les ONG. Ses partisans soutiennent qu’il s’agit de restaurer la neutralité institutionnelle et de mettre fin, selon eux, à des pratiques politisées ayant visé des alliés du gouvernement actuel. Les critiques, en revanche, y voient une concentration accrue du pouvoir et une stratégie visant à réduire au silence les voix indépendantes.

La suppression du bureau de protection des lanceurs d’alerte est particulièrement préoccupante pour les défenseurs des droits civiques, qui soulignent l’importance de cet organisme pour garantir la transparence et protéger les personnes dénonçant des irrégularités. Selon plusieurs ONG, cette mesure pourrait dissuader les signalements d’abus au sein de l’administration et d’entreprises publiques, rendant plus difficile la lutte contre la corruption.

Au sein de l’Union européenne, certains diplomates et responsables ont fait part de leurs inquiétudes face à l’évolution politique de Bratislava. Des comparaisons sont faites avec d’autres glissements institutionnels observés en Europe centrale au cours de la dernière décennie. Toutefois, les autorités slovaques maintiennent que leurs réformes sont conformes à leur programme et à leur vision d’un État plus efficace et moins exposé à ce qu’elles considèrent comme des ingérences politiques internes.

Les débats restent vifs dans le pays, où une partie de la société civile dénonce une dérive autoritaire tandis que le gouvernement assure agir dans l’intérêt de la stabilité et de la souveraineté nationale. Les mesures adoptées continueront probablement d’alimenter les tensions avec les institutions européennes, déjà sensibles à toute évolution perçue comme un risque pour l’équilibre démocratique.

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