L’évêque Cherry Vann a été élue archevêque de l’Église du Pays de Galles, devenant ainsi la première femme et la première personne ouvertement LGBTQ+ à diriger une Église anglicane en Grande-Bretagne. Cette nomination historique, annoncée mercredi, marque un tournant majeur pour la communion anglicane britannique et au-delà.
Vann, qui est lesbienne et vit avec sa compagne Wendy, incarne depuis des années une figure de proue du clergé inclusif. Elle est affiliée à l’Open Table Network, une initiative chrétienne qui milite pour l’accueil des personnes LGBTQ+ dans les communautés de foi. Bien que l’Église du Pays de Galles n’aille pas jusqu’à célébrer les mariages entre personnes de même sexe, elle autorise les partenariats civils pour son clergé, ce qui permet à Vann d’exercer ses fonctions en toute transparence.
Ordonnée en 1994 parmi les premières femmes prêtres de l’Église d’Angleterre, Cherry Vann a occupé plusieurs postes de responsabilité, notamment celui d’archidiacre de Rochdale, dans le nord de l’Angleterre. Elle avait ensuite été nommée évêque de Monmouth, au Pays de Galles, où elle a poursuivi son engagement en faveur d’une Église plus inclusive et ouverte.
L’Église du Pays de Galles s’est séparée de l’Église d’Angleterre en 1920, mais reste membre à part entière de la Communion anglicane. La nomination de Vann intervient alors que cette communion internationale reste profondément divisée sur les questions de genre et d’orientation sexuelle. Si certains pays, comme les États-Unis, ont déjà nommé des évêques homosexuels — à l’image de Gene Robinson en 2003 —, Vann devient la première femme lesbienne à atteindre le rang d’archevêque à l’échelle mondiale.
Sa nomination suscite à la fois des félicitations enthousiastes et des réserves plus conservatrices, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du monde anglican. Pour ses partisans, elle symbolise un pas décisif vers une Église représentative de la diversité contemporaine. Pour d’autres, elle relance les débats doctrinaux sur la place des minorités sexuelles dans les structures religieuses traditionnelles.
Cherry Vann prend ainsi ses fonctions dans un contexte de mutation profonde pour les institutions religieuses, confrontées aux attentes croissantes en matière de justice sociale, d’égalité et d’inclusion. Son mandat sera scruté de près, tant pour sa portée symbolique que pour ses implications théologiques.