Les chiffres publiés par Roole Data dressent un constat sans appel : posséder une voiture coûte de plus en plus cher, même à l’arrêt. En moyenne, les Français déboursent 416 euros par mois pour leur véhicule, dont 257 euros uniquement pour les frais fixes : achat, assurance et stationnement. Autrement dit, près des deux tiers du budget automobile partent avant même de tourner la clé.
Des frais immobiles qui pèsent lourd
L’étude révèle que 167 euros par mois sont consacrés à l’achat du véhicule, 45 euros à l’assurance et 44 euros au stationnement. À cela s’ajoutent 100 euros de carburant ou d’électricité, 44 euros d’entretien et 16 euros de péages. Ces postes, directement liés à l’usage, ne représentent plus qu’un tiers du budget global. En six ans, le prix moyen d’une voiture neuve a grimpé de 40 %, passant de 26 000 à 36 700 euros. Résultat : s’offrir un véhicule neuf coûte aujourd’hui 522 euros par mois, contre 384 euros pour une voiture d’occasion. Face à cette inflation, l’occasion s’impose comme le recours privilégié de 74 % des acheteurs, même si l’écart se creuse entre ménages aisés et modestes. Acheter d’occasion permet d’économiser en moyenne 138 euros par mois, mais la fracture sociale dans l’accès à la mobilité se renforce.
L’électrique d’occasion, un pari encore limité
Les véhicules électriques d’occasion apparaissent comme la solution la plus économique, avec un budget moyen de 331 euros par mois. Le coût de l’énergie (39 euros) et de l’entretien (32 euros) y reste bien inférieur à celui des modèles thermiques. En revanche, le marché demeure restreint, freiné par la faible disponibilité de modèles récents. À l’opposé, les hybrides rechargeables d’occasion, souvent des SUV haut de gamme, atteignent 495 euros par mois. Un quart du budget carburant, environ 28 euros sur les 100 dépensés chaque mois est absorbé par les trajets domicile-travail. Une preuve, selon Roole, que la voiture reste un outil de mobilité indispensable : huit Français sur dix estiment ne pas pouvoir s’en passer au quotidien. L’entretien, lui, continue de peser : 44 euros mensuels en moyenne, soit plus de 500 euros par an pour un véhicule thermique. Les voitures électriques limitent ce coût à 32 euros grâce à l’absence de vidange et à une usure mécanique moindre. Pour Aleth D’Assignies, directrice de l’Impact chez Roole, « la hausse des coûts liés à la possession et à l’entretien d’un véhicule fragilise l’accès à la mobilité, surtout pour les foyers les plus vulnérables ». Ce phénomène entraîne un vieillissement du parc automobile et accentue les inégalités territoriales. À travers cette étude, Roole Data met en lumière une réalité bien ancrée : avant même de démarrer, la voiture reste l’un des principaux gouffres financiers des ménages français.