Le Gers se lance dans le vin sans alcool avec une ambition industrielle
Vin européen : Washington confirme la taxe de 15 %, Bruxelles bredouille

C’est un revers cinglant pour les vignerons du Vieux Continent. L’Union européenne a annoncé avoir échoué à obtenir une exemption pour son secteur viticole dans l’accord commercial conclu fin juillet avec les États-Unis. Résultat : les vins français et italiens, fers de lance des exportations européennes, seront taxés à hauteur de 15 % à leur entrée sur le marché américain.

Un compromis qui laisse la filière sur le carreau

Les négociations menées à la hâte visaient d’abord à éviter un scénario explosif : l’imposition de lourdes taxes sur l’industrie automobile européenne, brandies comme menace par l’administration Trump. Si les constructeurs ont échappé au pire, les producteurs de vin paieront l’addition. Une situation qui provoque la colère des exportateurs, d’autant que les États-Unis représentent un débouché majeur pour les grands crus de Bordeaux, de Bourgogne ou de Champagne. Pour Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux français, la déception est immense : malgré des mois de travail, la filière se retrouve face à des « difficultés considérables ».

Prix en hausse, marges en baisse, concurrence en embuscade

Sur le terrain, les conséquences risquent d’être brutales. Les domaines viticoles devront choisir entre répercuter la taxe sur les prix, au risque de voir les consommateurs américains se tourner vers des alternatives californiennes, chiliennes ou australiennes, ou bien rogner sur leurs marges, déjà fragilisées par la pandémie et les crises successives. Pour les petites exploitations, la taxe pourrait être fatale. Les importateurs et distributeurs américains seront eux aussi touchés, contraints de proposer une offre européenne moins compétitive. Dans les restaurants et les caves à vin, la hausse des prix est inévitable.

Une brèche ouverte dans un marché fragmenté

Au-delà du vin, cet épisode illustre la vulnérabilité des secteurs jugés « non prioritaires » dans les négociations internationales. L’accord a permis d’éviter une guerre commerciale frontale mais sacrifie une filière emblématique, pilier culturel et économique de l’Europe. Les observateurs redoutent que d’autres industries se retrouvent demain sacrifiées sur l’autel des compromis diplomatiques. Quant à savoir si Bruxelles cherchera à renégocier ce point ou à envisager des mesures de rétorsion ciblées, l’avenir reste incertain. Une chose est sûre : sur le marché américain, le vin européen ne coulera plus jamais au même prix.

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