Eau contaminée : alerte sanitaire dans quatre communes de la Meuse
Eau contaminée : alerte sanitaire dans quatre communes de la Meuse

Les habitants de Juvigny-sur-Loison, Louppy-sur-Loison, Han-lès-Juvigny et Remoiville ont dû brutalement changer leurs habitudes : depuis le 5 juillet, l’eau du robinet y est devenue impropre à la consommation. Par arrêté préfectoral, le préfet de la Meuse a interdit son usage pour boire ou préparer les biberons, sur recommandation de l’Agence régionale de santé du Grand Est. En cause : une contamination par les PFAS, ces « polluants éternels » qui s’accumulent dans l’environnement et inquiètent les autorités sanitaires. La concentration mesurée dans l’eau distribuée dépasse la limite réglementaire de 0,1 microgramme par litre. Si la préfecture n’a pas précisé la durée de la restriction, elle a reconnu que la situation nécessitait des investigations plus poussées. Les premiers soupçons se tournent vers des boues issues de l’industrie papetière, épandues sur des terres agricoles proches des captages d’eau potable. L’hypothèse reste à confirmer.

Une situation qui inquiète les habitants

Pour répondre aux inquiétudes croissantes, deux réunions publiques ont été convoquées en urgence. Elles auront lieu mardi 8 juillet, à 19h30 à Han-lès-Juvigny, puis à 21h à Louppy-sur-Loison. Les habitants des quatre communes y sont invités pour obtenir des explications et connaître les solutions envisagées. Sur le terrain, l’inquiétude est palpable. Les PFAS – substances chimiques persistantes utilisées dans de nombreux procédés industriels – sont régulièrement pointés du doigt pour leurs effets potentiels sur la santé. Leur présence dans l’eau potable est surveillée de plus en plus étroitement à l’échelle nationale, mais la réglementation reste récente. Ce dépassement dans la Meuse illustre une problématique bien plus vaste : celle d’une pollution lente, invisible, mais difficilement réversible.

Un risque invisible mais bien réel

Si la source exacte n’est pas encore identifiée, l’affaire pose à nouveau la question des pratiques agricoles et industrielles en lien avec les ressources en eau. Dans les communes touchées, des solutions alternatives d’approvisionnement devront être mises en place en urgence, au moins pour les publics les plus fragiles. Cette alerte sanitaire pourrait n’être qu’un prélude. Partout en France, des campagnes de mesure se multiplient pour détecter les PFAS dans les nappes et réseaux. Et à mesure que les seuils sont abaissés, les cas comme celui de la Meuse pourraient bien se répéter.

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