Impossible de parler de l’histoire des plages françaises sans évoquer les Calanques de Marseille (13), véritables trésors de la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Avec plus de 3 millions de visiteurs par an, ces coins de paradis font partie des sites naturels les plus beaux et les plus populaires de France. Difficile de choisir une calanque plutôt qu’une autre, mais assurément, la Calanque d’En-Vau est l’une des plus belles.
Un peu d’histoire
Nichée entre les falaises abruptes des massifs calcaires du sud de la France, la Calanque d’En-Vau est l’une des plus emblématiques de la région marseillaise. Sa formation remonte à des millions d’années. Comme les autres calanques du Massif des Calanques, elle est le fruit de processus géologiques complexes. Ces formations calcaires se sont constituées il y a environ 120 millions d’années, à l’époque du Crétacé inférieur. Des dépôts de coquillages et de sédiments marins se sont accumulés sur le fond de la mer, donnant naissance à une épaisse couche de calcaire. Au fil des ères géologiques, des mouvements tectoniques et des processus d’érosion ont sculpté le paysage actuel. Les glaciations du Quaternaire ont également joué un rôle crucial. Les calanques, dont En-Vau, se sont formées par l’action combinée de l’eau et du vent, qui ont creusé ces profondes vallées, aujourd’hui remplies par les eaux de la Méditerranée.
Les premières traces humaines
Les premières traces d’occupation humaine dans la région des Calanques remontent à la Préhistoire. À cette période, des chasseurs-cueilleurs occupent ces territoires. Les grottes et les abris sous roche offrent des refuges naturels. Des outils en silex et des restes d’animaux témoignent de l’activité humaine dans ces lieux reculés.
Durant l’Antiquité, les Grecs de Phocée, fondateurs de Massalia ( Marseille ) vers 600 avant Jésus-Christ, explorent et utilisent ces côtes accidentées. Les Romains, successeurs des Grecs, laissent également leur empreinte. Ils exploitent les ressources maritimes et utilisent les calanques comme abris pour leurs navires. Bien que les calanques, y compris En-Vau, sont moins accessibles que d’autres parties du littoral, elles n’en restent pas moins stratégiques pour les peuples antiques.
Les explorateurs
À partir du 19e siècle, la Calanque d’En-Vau attire l’attention des explorateurs, des naturalistes et des amoureux de la nature. Les premières randonnées et expéditions scientifiques dans les calanques se multiplient. L’intérêt pour la géologie, la botanique et la faune locale grandit, et En-Vau devient un lieu d’étude privilégié pour les chercheurs.
Le début du 20e siècle marque une époque charnière pour la Calanque d’En-Vau. Avec l’industrialisation et l’urbanisation croissante de Marseille, les citadins cherchent des lieux de détente et de nature préservée. Les calanques, avec leurs paysages spectaculaires, deviennent des destinations prisées pour les excursions. En-Vau, malgré son accès difficile, attire les aventuriers, les randonneurs et les grimpeurs.
L’enjeu écologique
Face à la fréquentation croissante et aux menaces pesant sur l’environnement naturel des calanques, des voix s’élèvent pour la préservation de ces sites uniques. Dans les années 1960 et 1970, des mouvements écologistes émergent, prônant la protection des calanques contre les projets industriels et immobiliers.
En 1975, la création du Parc National des Calanques est proposée pour la première fois, mais il faut attendre 2012 pour que le parc soit officiellement créé. Premier parc national périurbain d’Europe, il vise à protéger l’ensemble des calanques, y compris En-Vau, ainsi que leur biodiversité exceptionnelle.
La création du parc marque un tournant décisif dans la gestion et la préservation de la Calanque d’En-Vau. Des mesures strictes de régulation de la fréquentation sont mises en place pour limiter l’impact humain sur ce fragile écosystème. Les activités de randonnée, de plongée et d’escalade sont encadrées pour préserver la faune et la flore locales.
Les légendes
La Calanque d’En-Vau est entourée de légendes et de récits folkloriques. On raconte que des pirates y auraient caché des trésors, et que des esprits hantent les falaises abruptes. Ces histoires, transmises de génération en génération, ajoutent une dimension mystique à ce lieu déjà chargé de beauté naturelle.
La culture locale est également imprégnée de l’influence des calanques. Les peintres, écrivains et poètes de la région ont souvent célébré la beauté sauvage d’En-Vau dans leurs œuvres. Le célèbre écrivain marseillais Jean-Claude Izzo, par exemple, a évoqué les calanques dans ses romans, contribuant à leur notoriété internationale.
Le tourisme
Aujourd’hui, la Calanque d’En-Vau est une destination prisée des amateurs de nature et de sports de plein air. Les randonneurs apprécient ses sentiers escarpés, offrant des vues à couper le souffle sur la Méditerranée et les falaises calcaires. L’escalade est également une activité phare, avec des voies renommées pour leur difficulté et leur beauté.
La plongée sous-marine et le snorkeling sont d’autres activités populaires, permettant de découvrir la richesse des fonds marins. Les kayakistes et les plaisanciers explorent les criques et les grottes marines, profitant des eaux turquoise et des paysages grandioses.
