Bruno Retailleau se démarque frontalement du Rassemblement national sur l’interdiction du voile dans l’espace public. Invité de RTL ce mardi, le président des Républicains et candidat à la présidentielle a dénoncé une mesure « inapplicable », relevant selon lui davantage du « populisme » et de la « démagogie » que d’une véritable proposition politique.
« Ce n’est pas une proposition, c’est un slogan », a-t-il lancé. Selon lui, le RN « brandit des slogans dont il sait très bien qu’ils sont inapplicables ». Bruno Retailleau estime qu’une interdiction générale du voile poserait immédiatement un problème juridique puisqu’elle conduirait, selon lui, à devoir également interdire d’autres signes ou tenues religieuses visibles dans l’espace public.
« Je m’attaque aux causes »
L’ancien ministre de l’Intérieur défend toutefois une ligne très ferme sur l’islamisme. Il souhaite interdire le voile dans les compétitions sportives fédérales et pour les accompagnatrices de sorties scolaires, mais refuse une interdiction généralisée dans l’ensemble de l’espace public.
Bruno Retailleau dit vouloir concentrer son action sur « l’entrisme » islamiste et les réseaux liés aux Frères musulmans. Il propose notamment de créer un délit d’entrisme, de faciliter la dissolution de certaines associations et de renforcer les contrôles autour de structures accueillant des mineurs.
Cette position le place directement en opposition avec Marine Le Pen, qui veut soumettre par référendum une grande loi contre les idéologies islamistes incluant la pénalisation du port du voile dans l’espace public. « Eux-mêmes trahiront leur promesse », a prédit Bruno Retailleau, en affirmant qu’il refusait de « mentir aux Français ».
Le candidat LR a également profité de cette rentrée scolaire pour proposer la création d’« internats disciplinaires » destinés aux élèves violents, harceleurs ou multirécidivistes, qu’il souhaite encadrer par des enseignants expérimentés et volontaires.

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