Robert Ménard a effectué dimanche soir sa première comme intervenant régulier dans la nouvelle émission de Sonia Mabrouk sur BFMTV. Le maire de Béziers, qui reviendra désormais chaque dimanche, a enchaîné les échanges sur l’immigration, le voile, la désobéissance civile ou encore l’enquête visant Bally Bagayoko. Une première remarquée, suivie jusqu’à 550 000 téléspectateurs selon la journaliste.
Arrivée sur BFMTV pour cette rentrée, Sonia Mabrouk est désormais présente à l’antenne tous les soirs. Pour son nouveau rendez-vous dominical, elle a choisi Robert Ménard parmi les personnalités appelées à intervenir régulièrement. Lundi, elle s’est félicitée des audiences de cette première : « Hier avec #RobertMenard pour la première, vous étiez jusqu’à 550 000 téléspectateurs, en particulier lorsqu’il a fait face à nos éditorialistes », a-t-elle écrit.
Ménard nuance le RN sur l’immigration et le voile
Le maire de Béziers s’est notamment démarqué du Rassemblement national sur plusieurs propositions. S’il estime qu’« on peut vivre sans droit du sol », il considère en revanche que « l’immigration zéro est impossible ». Pour lui, il suffit notamment d’observer la situation des hôpitaux français, où de nombreux médecins étrangers sont devenus indispensables. Il plaide plutôt pour une immigration définie en fonction des besoins professionnels du pays.
Même prudence concernant l’interdiction générale du voile dans l’espace public défendue par le RN. « Vous croyez réellement qu’on va demain demander à toutes les femmes dans l’espace public de se dévoiler ? », a-t-il interrogé, estimant une telle mesure irréaliste. Robert Ménard se dit en revanche favorable à certaines restrictions ciblées, notamment à l’université ou pour les très jeunes filles.
Le maire de Béziers a aussi été longuement interrogé sur la désobéissance civile, alors qu’il doit lui-même comparaître le 30 septembre pour avoir simplement fait respecter la loi dans sa commune en refusant de célébrer le mariage d’un ressortissant algérien sous OQTF. Il a reconnu être confronté à une « contradiction » entre son obligation de célébrer le mariage et son statut d’officier de police judiciaire chargé de faire respecter la loi. « Je ne dis pas que j’ai raison », a-t-il indiqué, estimant néanmoins que certaines formes de désobéissance peuvent être justifiées par des convictions ou des considérations éthiques.
Face aux appels de certains responsables de LFI à la désobéissance en cas de victoire du RN, Robert Ménard refuse toutefois toute remise en cause de la légitimité d’une élection. Selon lui, les opposants conserveraient évidemment le droit de manifester et de combattre politiquement les décisions d’un éventuel gouvernement RN, mais pas de considérer son accession au pouvoir comme illégitime par principe.
Enfin, il a surpris en prenant la défense du principe permettant à un élu local de conserver une activité professionnelle, alors que le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko est visé par une enquête du Parquet national financier. « Reprocher à un élu de cumuler un emploi à plein temps et un poste d’adjoint, ça me semble absurde », a-t-il déclaré, rappelant que les indemnités de nombreux élus municipaux ne permettent pas de vivre. Pour lui, la véritable question est de savoir si le travail rémunéré est effectivement exercé.
Entre critiques du RN, désaccords avec LFI et positions parfois à contre-courant de son propre camp, Robert Ménard a donc donné le ton de ce que devrait être sa présence dominicale sur BFMTV : une parole libre, volontiers contradictoire, et appelée à devenir l’un des rendez-vous politiques réguliers de la nouvelle émission de Sonia Mabrouk.

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