Une étude ADN confirme un lien millénaire entre la tribu Picuris Pueblo et le site sacré du Chaco Canyon
Une étude ADN confirme un lien millénaire entre la tribu Picuris Pueblo et le site sacré du Chaco Canyon

Une équipe de chercheurs a établi un lien génétique direct entre les membres actuels de la tribu Picuris Pueblo et les anciens habitants de Pueblo Bonito, une structure emblématique située dans le Chaco Canyon, au Nouveau-Mexique. Cette découverte, publiée dans la revue Nature, renforce les revendications culturelles et ancestrales de la communauté autochtone vis-à-vis de ce site sacré, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La démarche scientifique a été initiée à la demande de la tribu elle-même, dans un contexte où ses préoccupations concernant la préservation du canyon semblaient ignorées par les autorités américaines. En conservant un contrôle total sur les données et les conditions de l’étude, les dirigeants Picuris ont pu faire valider, par des outils occidentaux, ce que leurs traditions orales affirmaient depuis des générations : un lien direct avec les anciens bâtisseurs de Pueblo Bonito, dont les structures monumentales ont été érigées entre le IXe et le XIIe siècle.

Les chercheurs ont comparé l’ADN de 13 membres actuels de la tribu avec celui de 16 anciens individus retrouvés sur le site originel des Picuris, ainsi qu’avec des échantillons humains prélevés à Pueblo Bonito dans les années 1960. Le résultat a révélé une parenté génétique étroite, venant compléter les preuves archéologiques et ethnographiques déjà existantes. La tribu, située aujourd’hui près de Taos, à environ 275 kilomètres à l’est du Chaco Canyon, n’a jamais cessé de revendiquer son héritage ancestral.

Cette étude marque également une rupture avec une précédente publication en 2017, critiquée pour ne pas avoir consulté les communautés autochtones concernées. Cette fois, la tribu Picuris a dirigé l’ensemble du processus, allant jusqu’à décider de l’intégration des données génétiques de 2017 dans la recherche. Les scientifiques ont précisé que l’étude ne visait pas à exclure d’autres affiliations culturelles au site du Chaco Canyon, reconnu comme sacré par plusieurs groupes autochtones du sud-ouest des États-Unis.

« L’ADN fournit une preuve que beaucoup ne peuvent pas ignorer », a déclaré Craig Quanchello, ancien gouverneur Picuris à l’origine de l’initiative. Il voit dans cette validation scientifique une confirmation de ce que les aînés de la tribu ont toujours su. Pour la communauté, ce résultat est à la fois un outil de reconnaissance et un levier de préservation d’un patrimoine millénaire.

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