Un groupe armé palestinien soutenu par Israël a affirmé avoir assassiné un haut responsable de la police du Hamas dans le sud de la bande de Gaza et a menacé de mener d’autres attaques similaires. Le Hamas a pour sa part dénoncé un acte commis par des « collaborateurs israéliens ».
Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur du Hamas a indiqué que des hommes armés avaient ouvert le feu depuis un véhicule en mouvement, tuant Mahmoud Al-Astal, chef de l’unité de police criminelle de Khan Younis. Selon les autorités du Hamas, les auteurs de l’attaque agissaient pour le compte de l’« occupant israélien ».
L’assassinat a été revendiqué par Hussam Al-Astal, chef d’un groupe anti-Hamas opérant dans une zone de l’est de Khan Younis sous contrôle israélien. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il a menacé les personnes coopérant avec le Hamas, affirmant que leur « destin » serait la mort. Le Hamas a précisé que le nom Al-Astal est courant dans cette région de Gaza.
Reuters n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les circonstances de l’attaque. Un responsable militaire israélien a déclaré que l’armée n’était au courant d’aucune opération menée dans ce secteur au moment des faits.
L’apparition de groupes armés hostiles au Hamas, bien que limitée et localisée, accentue la pression sur le mouvement islamiste et pourrait compliquer toute tentative de stabilisation et de gouvernance unifiée de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux années de guerre. Ces groupes restent largement impopulaires auprès de la population locale, notamment parce qu’ils opèrent dans des zones contrôlées par Israël, même s’ils nient recevoir des ordres directs de l’État hébreu. Le Hamas a déjà procédé par le passé à des exécutions publiques de personnes accusées de collaboration.
Depuis le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre, Israël s’est retiré d’environ la moitié de la bande de Gaza, mais conserve le contrôle militaire de vastes zones largement détruites. La majorité des quelque deux millions d’habitants vit désormais dans des secteurs administrés par le Hamas, dans des abris de fortune ou des bâtiments endommagés. Selon plusieurs sources internes au Hamas, le mouvement disposerait toujours de milliers de combattants malgré les lourdes pertes subies.
Israël tolère la présence et les activités de rivaux du Hamas dans les zones qu’il contrôle. En juin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait reconnu qu’Israël avait « activé » certains clans opposés au Hamas, sans donner de détails supplémentaires. Un plan avancé par le président américain Donald Trump prévoit, à terme, un retrait israélien plus large et le transfert du pouvoir à Gaza à une administration internationalement reconnue, mais aucune avancée concrète n’a été enregistrée.
Malgré la trêve, les deux camps s’accusent régulièrement de violations. Depuis octobre, plus de 440 Palestiniens et trois soldats israéliens ont été tués, selon des sources des deux côtés. Les autorités sanitaires de Gaza ont encore fait état lundi de frappes de drones israéliens près de Khan Younis ayant causé la mort d’au moins trois personnes, des faits que l’armée israélienne a justifiés en affirmant avoir neutralisé des militants représentant une menace immédiate.
La guerre à Gaza a éclaté le 7 octobre 2023, lorsque des militants palestiniens ont attaqué Israël, faisant environ 1 200 morts et 250 otages selon les autorités israéliennes. L’offensive israélienne lancée en représailles a tué plus de 71 000 Palestiniens, d’après le ministère de la Santé de Gaza, et a suscité des accusations de crimes de guerre et de génocide, rejetées par Israël.