Scandale chez Meta : des accusations d’exploitation des émotions des adolescents à des fins publicitaires
Scandale chez Meta – des accusations d’exploitation des émotions des adolescents à des fins publicitaires

Une ancienne responsable de Meta, la société mère de Facebook et Instagram, a révélé des accusations choquantes selon lesquelles l’entreprise aurait ciblé les adolescents avec des publicités basées sur leur état émotionnel, suscitant une large controverse sur l’éthique du géant technologique.

Sarah Wynn-Williams, ancienne directrice des politiques publiques mondiales chez Facebook, a témoigné devant le Sénat américain, affirmant que l’entreprise utilisait les données psychologiques des adolescents pour leur proposer des publicités correspondant à leurs émotions négatives.

Dans son témoignage, Wynn-Williams, qui vient de publier un livre intitulé «  Neglected People  » (Des gens négligés), a affirmé que Meta ciblait les jeunes âgés de 13 à 17 ans précisément lorsqu’ils se sentaient déprimés ou en manque de confiance en eux, selon un rapport du site TechCrunch.

Elle a expliqué que la plateforme partageait ces données sensibles avec les annonceurs, qui y voyaient une opportunité de profit.

Devant la sous-commission sur la criminalité et le terrorisme du comité judiciaire du Sénat, elle a déclaré  :

« Le système était capable de détecter des émotions comme la perte de valeur personnelle ou le sentiment d’échec, et ces données étaient ensuite transmises aux annonceurs pour exploiter les vulnérabilités des utilisateurs.  »

Le mal-être psychologique comme opportunité marketing

Wynn-Williams a précisé que Meta considérait les adolescents comme une cible publicitaire précieuse, malgré leur grande fragilité émotionnelle.

Elle a rapporté qu’un cadre de l’entreprise avait qualifié les adolescents de «  marché le plus rentable  » pour les annonceurs, les encourageant à le revendiquer publiquement.

Selon elle, l’entreprise profitait de moments de faiblesse, comme lorsqu’une adolescente supprimait une photo personnelle sur Instagram, pour lui proposer des publicités de produits de beauté ou des annonces de régimes minceur aux jeunes filles exprimant une insatisfaction corporelle.

Les cadres dirigeants protègent leurs propres enfants.

L’un des faits les plus marquants révélés par Wynn-Williams est que plusieurs hauts dirigeants de Meta refusent de laisser leurs enfants utiliser les plateformes de l’entreprise, ce qui, selon elle, prouve qu’ils sont conscients de leurs dangers.

Elle a précisé  :

« Je leur demandais souvent  : Permettez-vous à vos enfants adolescents d’utiliser Facebook ou Instagram  ?  » La réponse était toujours  : non.»

Réaction de Meta

De son côté, Meta a fermement démenti ces accusations dans un communiqué officiel, qualifiant le témoignage de Wynn-Williams de déconnecté de la réalité et rempli de fausses allégations.

Malgré la défense de l’entreprise, ces révélations ont relancé de vastes interrogations sur l’engagement réel des grandes entreprises technologiques à protéger les publics vulnérables, en particulier les adolescents, contre des pratiques commerciales fondées sur l’exploitation de leur fragilité émotionnelle.

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