Minneapolis : une église propose de l’acupuncture à l’autel pour apaiser le stress des migrants
Minneapolis : une église propose de l’acupuncture à l’autel pour apaiser le stress des migrants

À l’église luthérienne St. Paul’s-San Pablo de Minneapolis, la foi et la guérison corporelle se rejoignent littéralement au pied de l’autel. Chaque mois, cette paroisse majoritairement latino offre des séances gratuites d’acupuncture, de Reiki et de ventouses à ses fidèles, pour soulager les douleurs physiques mais aussi les angoisses liées à l’incertitude migratoire. Un programme unique, né d’un besoin urgent de soutien émotionnel et spirituel dans un contexte marqué par les politiques d’immigration strictes de l’administration Trump.

Juan Carlos Toapanta, ouvrier équatorien souffrant de sciatique, a découvert ce service après avoir rejoint l’église il y a quelques mois. Allongé dans un fauteuil de relaxation sous la croix centrale, des aiguilles plantées dans la peau, il confie ressentir un soulagement profond : « Comme la lumière du Seigneur éclaire l’âme, ici on apaise aussi les douleurs du corps. »

Fondée par des Suédois au XIXe siècle, la paroisse incarne aujourd’hui la diversité des communautés migrantes. Pour Lizete Vega, coordinatrice de l’engagement familial de l’église, il est essentiel d’aider les fidèles à faire face aux angoisses générées par les expulsions, les familles à statut mixte et les traumatismes du parcours migratoire : « On doit se sentir bien pour répondre avec force, pas avec peur ou panique. »

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large aux États-Unis : de plus en plus de lieux de culte collaborent avec des professionnels du bien-être pour répondre à la montée de l’anxiété et de la détresse psychologique. Le sanctuaire devient un véritable refuge, où guérison spirituelle et corporelle cohabitent. « Voir cet espace de prière devenir un espace de guérison m’a émue aux larmes », confie le pasteur Hierald Osorto.

Les praticiens, comme Guadalupe Gonzalez de l’organisation Odigo Wellness, notent eux aussi l’impact émotionnel de leur intervention dans un tel lieu. D’abord réticente à proposer ses soins dans une église, elle a été conquise par l’atmosphère paisible du sanctuaire : « L’énergie ici est très positive. »

Les fidèles, eux, sortent des séances apaisés, parfois transformés. Martha Dominguez, une immigrée mexicaine, s’étonne encore : « Je n’aurais jamais imaginé qu’une église puisse offrir ce genre de bienfaits. » D’autres, comme Limber Saliero ou Vanessa Arcos, parlent de l’énergie qui circule dans leur corps ou de la paix intérieure ressentie, allongés près d’une statue de la Vierge de Guadalupe.

Alors que les politiques migratoires continuent de semer la peur et l’instabilité, cette église montre qu’il est possible de cultiver la résilience par des gestes simples et profonds — et que, parfois, un peu d’acupuncture au cœur même de la foi peut soulager bien plus qu’un simple mal de dos.

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