Le programme européen Copernicus – qui vise à surveiller la Terre et à collecter des données précises et continues sur l’environnement, la météo et le climat – a publié une nouvelle image du cratère d’Ouarkziz, situé à l’ouest de l’Algérie, près de la frontière marocaine. Cette image a été prise début mars par le satellite Sentinel-2.
Outre sa beauté géologique remarquable, le cratère d’Ouarkziz constitue une structure d’impact bien conservée, formée il y a environ 70 millions d’années, à la fin du Crétacé. Il offre ainsi des données précieuses aux scientifiques sur l’histoire géologique de la Terre et les événements d’impact météoritique.
Une géologie d’impact
Le cratère mesure environ 3,5 kilomètres de diamètre. Il s’est formé lorsqu’une météorite a frappé la région, créant une dépression circulaire encore visible aujourd’hui.
L’impact a provoqué une déformation des couches de roches sédimentaires, formant des anneaux concentriques, caractéristiques géologiques marquantes de la zone. Les environs sont constitués de roches sédimentaires, dont du calcaire, du marne et du grès. L’impact a également produit de la brèche, un ensemble de fragments de roches soudés sous la force du choc.
L’érosion naturelle, depuis la formation du cratère, a mis à nu sa structure interne, offrant un aperçu précieux des processus d’impact et de l’histoire géologique de la planète.
Une visite possible… mais préparée
Bien que situé dans une région reculée, le cratère d’Ouarkziz est accessible avec une préparation logistique et un accompagnement local, ce qui en fait une destination prisée par certains chercheurs, passionnés d’astronomie et de géologie.
Un impact singulier
Même si le diamètre exact de la météorite n’est pas connu, les scientifiques s’appuient sur des modèles physiques pour estimer sa taille. On pense que l’objet mesurait entre 150 et 300 mètres de diamètre, avec une vitesse d’impact d’environ 17 km/seconde, s’il s’agissait d’une météorite rocheuse.
À titre de comparaison, le cratère de Chicxulub au Mexique, associé à l’extinction des dinosaures, mesure environ 150 kilomètres de diamètre, causé par une météorite estimée entre 10 et 15 km. Cette collision, il y a 66 millions d’années, a entraîné la disparition d’environ 75 % des formes de vie sur Terre.
Si un impact semblable à celui d’Ouarkziz survenait aujourd’hui, l’énergie dégagée équivaudrait à 10 000 à 100 000 mégatonnes de TNT (à titre de comparaison, la bombe d’Hiroshima libéra environ 15 kilotonnes).
Cela provoquerait des destructions sur des dizaines de kilomètres, un flash thermique brûlant tout dans les environs, une onde de choc destructrice, et potentiellement un séisme perceptible à des centaines de kilomètres. S’il tombait dans l’océan, il pourrait générer un tsunami de plusieurs dizaines de mètres.
Néanmoins, l’impact d’un tel objet resterait local ou régional, sans atteindre les conséquences globales qu’a eues celui de Chicxulub.