Le président sortant Yoweri Museveni a pris une avance nette dans les premiers résultats de l’élection présidentielle ougandaise annoncés vendredi, tandis que des informations contradictoires font état de violences mortelles dans le sud-ouest de la capitale Kampala.
Selon la commission électorale, après dépouillement d’environ la moitié des bureaux de vote, Museveni recueille 76,25 % des suffrages. Son principal rival, le chanteur et figure de l’opposition Bobi Wine, est crédité de 19,85 %, les voix restantes se répartissant entre six autres candidats. Âgé de 81 ans, Museveni dirige le pays depuis 1986 et espérait une victoire « autour de 80 % » s’il n’y avait « pas de fraude ».
Bobi Wine dénonce au contraire des fraudes massives, dans un scrutin marqué par une coupure d’Internet imposée par les autorités au nom de la lutte contre la « désinformation ». Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a, avant le vote, décrit un climat de répression et d’intimidation généralisées durant la campagne.
Violences nocturnes à Butambala
Aucun incident majeur n’a été signalé pendant le vote, mais des heurts ont éclaté dans la nuit à Butambala, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Kampala. Des militants des droits humains affirment qu’au moins dix partisans de l’opposition ont été tués lorsque policiers et soldats ont dispersé un rassemblement devant le domicile d’un député de l’opposition. La police conteste cette version, évoquant une attaque armée contre un poste et affirmant avoir agi en légitime défense, sans préciser le nombre de victimes. Les circonstances exactes n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante.
Bobi Wine « assigné à résidence » ?
Le parti de Bobi Wine, la Plateforme d’unité nationale, affirme que son domicile à Kampala a été encerclé par les forces de sécurité, l’« assignant de facto à résidence ». La police dit ne pas être informée d’une telle mesure. En 2021, après un précédent scrutin contesté, Wine avait déjà été brièvement assigné à résidence.
Les autorités justifient les interventions sécuritaires par des « agissements illégaux » de partisans de l’opposition. Les résultats définitifs sont attendus dans les prochains jours, dans un climat tendu où les appels au calme se multiplient.