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Le Parlement européen a exigé de Jean-Marie Le Pen, ancien eurodéputé et président d’honneur du Front national, le remboursement de 303 200,99 euros pour des frais de mandat indûment facturés entre 2009 et 2018. Cette réclamation concerne l’utilisation abusive de la « ligne budgétaire 400 », réservée aux dépenses administratives et de fonctionnement des groupes politiques ainsi qu’aux activités liées à l’Union européenne. L’Office européen de lutte antifraude (Olaf) a relevé que Le Pen avait facturé des achats sans lien avec ses fonctions, incluant des stylos, cartes de visite, cravates, parapluies, balances de cuisine, horloges, lunettes de réalité virtuelle, bracelets connectés et 129 bouteilles de vin.

Le rapport d’Olaf indique également que certains des bulletins d’information présentés pour remboursement n’étaient que de simples « copier-coller » de textes déjà disponibles en libre accès. Ces dépenses ont été jugées largement surévaluées par rapport au travail réellement effectué pour leur production.

Cette affaire est distincte du procès des assistants parlementaires du Rassemblement national, qui se déroule actuellement à Paris, où plusieurs cadres du parti, dont Marine Le Pen, sont accusés d’avoir détourné des fonds publics en embauchant des collaborateurs pour le parti plutôt que pour leurs fonctions parlementaires. Jean-Marie Le Pen, initialement impliqué dans ce procès, en a été exempté pour raisons de santé, une expertise judiciaire ayant constaté une détérioration physique et mentale.

Jean-Marie Le Pen a contesté cette décision devant le Tribunal de l’Union européenne. Son avocat, François Wagner, a confirmé ce recours. L’ancien leader frontiste est sous « mandat de protection » depuis février 2024, une mesure similaire à une tutelle, ses trois filles étant en charge de ses affaires.

Le Parlement européen, pour sa part, a précisé que son administration est tenue de récupérer les fonds indûment versés lorsqu’elle dispose de preuves sérieuses. Il souligne également que cette procédure n’a pas vocation à remplacer une enquête judiciaire.

Cette nouvelle réclamation s’ajoute aux nombreux démêlés judiciaires qui continuent de peser sur le clan Le Pen, malgré les efforts du Rassemblement national pour se détacher de ces controverses en vue des prochaines échéances électorales.

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