Suite à l’exécution en Iran du dissident Jamshid Sharmahd, un citoyen allemand d’origine iranienne âgé de 69 ans, l’Allemagne et l’Union européenne ont annoncé mardi envisager des mesures de rétorsion contre Téhéran. Ce militant, condamné à mort en 2023 pour son implication présumée dans un attentat en 2008 contre une mosquée à Chiraz ayant causé 14 morts et 300 blessés, a été exécuté lundi matin, selon les autorités judiciaires iraniennes.
La famille de Sharmahd a toujours clamé son innocence, affirmant qu’il avait été arrêté en 2020 par les autorités iraniennes alors qu’il transitait par les Émirats arabes unis. En réaction à cette exécution, le chancelier allemand Olaf Scholz a dénoncé un « scandale », tandis que le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a fermement condamné cet acte, évoquant des « mesures en réponse » de l’UE. Berlin a de son côté convoqué le chargé d’affaires iranien pour une « vive protestation » et a rappelé son ambassadeur à Téhéran pour consultations.
Les autorités iraniennes, représentées par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, ont riposté en qualifiant les critiques de Berlin d’ingérence et en réaffirmant leur position selon laquelle « aucun terroriste ne bénéficie de l’impunité en Iran, même s’il est soutenu par l’Allemagne ». Annalena Baerbock, ministre allemande des Affaires étrangères, a, pour sa part, qualifié le régime iranien d’« inhumain » et exprimé sa solidarité avec la famille de Sharmahd, qui demande la restitution de son corps pour organiser des funérailles.
Amnesty International a également dénoncé l’exécution comme « cruelle et inhumaine », rejoignant plusieurs organisations de défense des droits humains dans leur critique de l’absence de procès équitable pour Sharmahd. Ce dernier, ancien résidant aux États-Unis et leader présumé du groupe monarchiste iranien Tondar, était accusé par Téhéran de terrorisme et d’avoir entretenu des liens avec des agences de renseignement occidentales.
Cette exécution s’ajoute aux nombreuses tensions entre l’Iran et les pays occidentaux autour de la situation des détenus binationaux. L’Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, avait déjà suscité une vague d’indignation internationale l’an dernier avec l’exécution de l’Irano-britannique Alireza Akbari, accusé d’espionnage.