Les étudiants pensaient échapper aux contrôles : ils se voyaient déjà taper leurs devoirs à l’IA. Grave erreur. Désormais, profs et universités déclenchent l’alerte rouge pour traquer les textes générés par robot. Depuis des années, Compilatio, Copyscape ou Plagiarisma veillaient sur les copier-coller. Mais ces gardiens ne repèrent que le recopiage : face à un texte « créé » par ChatGPT, ils restent muets. Résultat, certains campus – de Sciences Po Paris à l’Université de Strasbourg – ont dû bannir les IA des examens, contraignant une vingtaine d’étudiants à repasser leurs partiels en présentiel au printemps dernier.
Nouveaux détecteurs : la riposte professorale
OpenAI a dégainé en premier son AI Text Classifier, un test rapide (1 000 caractères) mais encore balbutiant (fiabilité estimée à 26 %). À Stanford, c’est DetectGPT qui fait trembler les tricheurs, avec un taux de réussite annoncé à 95 %. Derrière lui, GPTZero, l’outil de l’ex-étudiant d’Princeton Edward Tian, scanne la perplexité des phrases, tandis que Draft & Goal promet, lui aussi, près de 95 % de succès. Face à cette guerre de tranchées numérique, certains crient à l’effet de manchette : une bataille « à courte vue » qui rappelle la résistance contre la calculatrice ou le correcteur orthographique. Mais au lieu de se battre à armes égales, pourquoi ne pas changer la donne ?
Réinventer l’évaluation
Plus qu’une course aux détecteurs, l’enjeu est pédagogique : repenser les devoirs pour pousser les élèves à réfléchir, analyser et synthétiser—des compétences que n’importe quelle IA ne saurait voler. Comme l’a lâché Elon Musk en janvier, « Adieu, devoirs à la maison ! » : le vrai remède contre la triche, ce ne sont pas des outils, mais des sujets qui fauchent l’IA à la racine.