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Dans un contexte tendu entre Bruxelles et Budapest, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a rappelé que Viktor Orban, en déplacement officiel en Géorgie, « ne représente pas l’Union européenne ». Cette visite de deux jours intervient alors que le Premier ministre hongrois, connu pour sa proximité avec Moscou, est l’un des rares leaders européens à avoir réagi au récent scrutin géorgien en félicitant le parti au pouvoir, Rêve Géorgien, pour son succès. À l’inverse, l’opposition pro-européenne, soutenue par la présidente Salomé Zourabichvili, conteste ces résultats et dénonce des interférences russes dans le processus électoral.

Josep Borrell, en déplacement à Barcelone pour une réunion de l’Union pour la Méditerranée, a tenu à clarifier que les initiatives du Premier ministre hongrois en Géorgie ne reflètent pas la position de l’Union européenne, soulignant que « quoique dise M. Orban durant sa visite, il ne représente pas l’Union européenne ». Cette déclaration intervient dans un climat de méfiance croissante de l’UE envers Orban, dont le mandat de présidence tournante de l’UE a déjà suscité des tensions en raison de ses initiatives unilatérales en Russie et en Chine.

Une sanction symbolique : le déplacement d’une réunion européenne hors de Budapest

Déjà en juillet, Josep Borrell avait sanctionné symboliquement la Hongrie en déplaçant à Bruxelles une réunion cruciale de la politique étrangère européenne, le Gymnich, initialement prévue en août à Budapest. Cette décision exceptionnelle visait à marquer la désapprobation de Bruxelles vis-à-vis des initiatives d’Orban, qui avait mené des discussions avec Vladimir Poutine et Xi Jinping sous couvert d’une « mission pour la paix en Ukraine », sans concertation avec les autres dirigeants européens. « Ce manque de loyauté » avait alors été fermement dénoncé par Borrell, soutenu par la majorité des États membres, à l’exception notable de la Hongrie et de la Slovaquie.

La Hongrie continue également de bloquer le déblocage de la Facilité européenne pour la paix, un fonds destiné à rembourser l’aide militaire apportée à l’Ukraine par les États membres de l’UE. Cette obstruction menace de fragiliser le soutien européen à Kiev, alors que Borrell rappelle l’importance de cette aide pour soutenir la résistance ukrainienne face aux actions militaires russes. Pour Josep Borrell, la situation avec la Hongrie est devenue « une honte », exacerbée par les récentes initiatives de Viktor Orban, comme ses rencontres avec Donald Trump, candidat républicain connu pour sa position sceptique quant au soutien militaire à l’Ukraine.

Une position de plus en plus marginale au sein de l’UE

Ces divergences d’orientation entre Bruxelles et Budapest illustrent la position de plus en plus marginale de Viktor Orban au sein de l’UE. Alors que l’ensemble des ministres européens condamne les agressions russes, notamment le récent bombardement d’un hôpital pour enfants à Kiev, le gouvernement hongrois, seul, continue de résister aux mesures européennes contre la Russie, suscitant l’inquiétude de ses partenaires.

En rappelant publiquement qu’Orban « ne représente pas l’Union européenne » dans ses initiatives géorgiennes, Josep Borrell réaffirme la ligne de l’UE face aux dérives unilatérales d’un chef d’État membre qui, tout en exerçant la présidence du Conseil de l’UE, s’écarte des valeurs et des objectifs de la politique étrangère commune.

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