Voiture électrique : des réparations 11 % plus coûteuses que pour les modèles thermiques
Voiture électrique : des réparations 11 % plus coûteuses que pour les modèles thermiques

L’État mise sur une nouvelle formule du bonus écologique pour relancer des ventes de voitures électriques en chute libre. Depuis ce 1er juillet, le montant maximal grimpe à 4 200 euros pour les foyers les plus modestes (et jusqu’à 3 100 euros pour les autres). Un geste de soutien bienvenu, mais qui ressemble davantage à un cautère sur une batterie à plat. Les chiffres du marché n’incitent guère à l’optimisme. En juin, les immatriculations de modèles 100 % électriques ont plongé de 12 %, et même de 38 % lorsqu’on se concentre sur les particuliers. Ces derniers, bien plus frileux, semblent désormais préférer l’hybride, en hausse de 26 % sur ce segment. Le marché automobile dans son ensemble est en repli : -8,1 % en juin à nombre de jours ouvrés équivalent, -8,22 % sur le premier semestre, selon les données provisoires d’AAA Data. Ce ralentissement n’a rien d’un accident isolé. Il s’agit du sixième mois consécutif de baisse, comme le souligne Marie-Laure Nivot, responsable des analyses chez AAA Data. Et malgré une légère reprise des commandes neuves en mai, le recul cumulé atteint encore 11 % à fin mai. À ce rythme, l’année pourrait se solder par seulement 1,6 million de voitures neuves écoulées, un plancher plombé notamment par le désintérêt croissant pour les modèles électriques.

Un soutien sous pression budgétaire

Dans ce contexte défavorable, l’État tente de maintenir coûte que coûte les aides à l’électrique, tout en allégeant la facture publique. Le nouveau bonus repose désormais sur le système des certificats d’économies d’énergie (CEE), ces obligations imposées aux fournisseurs d’énergie pour financer des mesures de sobriété. En clair, les énergéticiens paieront une partie de l’addition. Une manœuvre habile, alors que les crédits votés dans la loi de finances 2025 pour le bonus sont déjà épuisés. À écouter Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, il était hors de question d’abandonner ce levier. Selon elle, la baisse des émissions du secteur transport a fortement ralenti (-1,2 % en 2024 contre -4,2 % l’année précédente), et stopper le bonus aurait compromis les objectifs climatiques. Le dispositif doit donc continuer à rendre l’électrique accessible aux classes moyennes et aux ménages modestes. Mais cette revalorisation – comprise entre 200 et 1 200 euros – suffira-t-elle à infléchir la tendance ? Rien n’est moins sûr. Si l’on s’en tient aux usages, la voiture électrique reste plus économique à long terme qu’un modèle thermique, et l’autonomie actuelle couvre les trajets quotidiens de la majorité des conducteurs. Pourtant, son prix à l’achat reste dissuasif, et l’offre d’occasion limitée. Le paradoxe persiste. Le vrai test viendra peut-être en septembre, avec le retour annoncé du « leasing social ». Ce dispositif avait connu un succès fulgurant à son lancement. Il permet aux ménages les plus fragiles d’accéder à une voiture électrique neuve pour environ 100 euros par mois. Stellantis, notamment, prévoit de proposer des loyers à partir de 95 euros mensuels. La Plateforme automobile (PFA), qui regroupe les acteurs de la filière, salue une volonté claire de maintenir le cap malgré des finances publiques sous tension. La réponse du marché ne se fera pas attendre. D’ici la fin de l’année, les indicateurs diront si le courant passe à nouveau entre les automobilistes et l’électrique. Pour l’heure, les moteurs tournent à vide.

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