La marine norvégienne a tranché : ses futures frégates ne seront pas françaises mais britanniques. Oslo a officialisé son choix en faveur du Type 26 construit par BAE Systems, écartant ainsi Naval Group, pourtant considéré comme un sérieux prétendant. Pour l’entreprise française, la déconvenue est lourde, à peine quelques jours après avoir perdu la compétition pour un méga-contrat de sous-marins au Canada.
Un contrat colossal et hautement stratégique
L’accord, estimé à plus de 100 milliards de couronnes (près de 8,5 milliards d’euros), porte sur cinq à six navires. Ces frégates de nouvelle génération, déjà utilisées par la Royal Navy, sont spécialisées dans la lutte anti-sous-marine, un atout majeur pour un pays voisin de la Russie et confronté à l’omniprésence de la flotte du Nord en mer de Barents. Les livraisons devraient débuter à partir de 2030. Si Naval Group misait sur ses frégates de défense et d’intervention, la compétition était féroce. Outre la France et le Royaume-Uni, l’Allemagne et les États-Unis étaient également en lice. Au final, la décision norvégienne met en avant la proximité stratégique entre Oslo et Londres, ainsi que l’interopérabilité déjà bien rodée entre leurs marines.
Un revers politique et industriel pour Paris
En coulisses, la bataille avait mobilisé les plus hautes autorités européennes. Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz s’étaient tous déplacés en Norvège ces derniers mois pour soutenir leurs industriels. La victoire britannique apparaît comme un succès diplomatique autant qu’industriel, même si elle suscite déjà des critiques à Oslo en raison de la présence de composants israéliens dans les frégates. Le Parlement norvégien doit encore valider le contrat, mais il ne fait guère de doute qu’il sera adopté. Pour Naval Group, ce nouvel échec souligne la fragilité de ses positions sur le marché international face à des concurrents soutenus par des alliances stratégiques solides. La question de la souveraineté industrielle française, déjà posée dans les secteurs de l’énergie et de l’intelligence artificielle, revient avec insistance dans celui de la défense.