Uber a annoncé mercredi une croissance plus faible que prévu de ses revenus au premier trimestre 2025, mettant en lumière un ralentissement de la demande pour son activité de transport de personnes aux États-Unis. Avec une progression de 14 % pour atteindre 11,53 milliards de dollars, le chiffre d’affaires de l’entreprise reste en dessous des attentes des analystes qui tablaient sur 11,62 milliards, selon LSEG. Il s’agit de la croissance la plus lente de l’activité VTC depuis la pandémie.
Malgré ce ralentissement, les dirigeants d’Uber affichent leur optimisme. L’entreprise, qui mise de plus en plus sur les marchés internationaux et les partenariats dans les véhicules autonomes, prévoit un redressement au deuxième trimestre. Le PDG Dara Khosrowshahi a déclaré que les secteurs dans lesquels opère Uber « ont tendance à rester solides même en période d’incertitude macroéconomique ».
Le directeur financier Prashanth Mahendra-Rajah a souligné que la baisse des voyages entrants aux États-Unis avait été partiellement compensée par une hausse des trajets internationaux. Ce constat fait écho à celui d’Airbnb, qui a également noté une diminution de la demande intérieure américaine dans un contexte de politiques commerciales imprévisibles sous l’administration Trump.
Les services de VTC ont progressé de 15 %, tandis que la branche livraison, qui comprend Uber Eats, a affiché une croissance de 18 %, en ligne avec les attentes. Uber mise désormais sur sa diversification et ses implantations mondiales pour compenser les faiblesses du marché nord-américain. L’entreprise prévoit un volume de commandes brut compris entre 45,75 et 47,25 milliards de dollars pour le deuxième trimestre, légèrement au-dessus des prévisions.
Parmi les initiatives récentes, Uber a investi 700 millions de dollars pour acquérir une participation majoritaire dans Trendyol Go, une plateforme turque de livraison. La société a aussi renforcé son partenariat avec Pony AI pour intégrer les robotaxis chinois à son application, et poursuit le déploiement de véhicules autonomes Waymo à Austin, au Texas, où elle observe un « taux d’utilisation élevé ».
Malgré la baisse initiale du titre de plus de 6 % après l’annonce des résultats, l’action Uber ne cédait plus qu’environ 1 % en fin de séance. L’entreprise reste l’un des dix meilleurs performeurs de l’indice S&P 500 depuis le début de l’année, avec une hausse de 42 %. Pour Jamie Meyers, analyste chez Laffer Tengler Investments, l’écart par rapport aux attentes est « non significatif » et les fondamentaux d’Uber demeurent solides.