Tours télécoms : Phoenix Tower en pole position pour racheter l’infrastructure de Bouygues et SFR
Tours télécoms : Phoenix Tower en pole position pour racheter l’infrastructure de Bouygues et SFR

Le paysage des télécoms français s’apprête à enregistrer une nouvelle mutation stratégique. D’après des informations révélées par La Tribune, la société américaine Phoenix Tower International (PTI), adossée au puissant fonds d’investissement Blackstone, est en passe de finaliser le rachat du réseau de tours de télécommunications détenu conjointement par Bouygues Telecom et Altice France. Cette société commune, baptisée Infracos, regroupe une part importante des pylônes et antennes relais utilisés par les deux opérateurs pour couvrir le territoire. La transaction, initialement estimée entre 800 millions et 1 milliard d’euros, pourrait finalement se conclure autour de 500 millions. Le bras de fer engagé entre vendeurs et candidats à la reprise a freiné le processus, notamment en raison de difficultés de financement. Il faut dire que la partie est loin d’être jouée d’avance : deux autres prétendants, dont les noms n’ont pas filtré, restent encore dans la course.

Vers une cession stratégique en pleine recomposition du marché

L’enjeu pour Bouygues Telecom et SFR est clair : alléger leur structure, dégager des liquidités et externaliser la gestion d’un actif lourd tout en conservant un accès prioritaire à ces infrastructures critiques. Le modèle des towercos, déjà répandu aux États-Unis, repose sur cette logique : construire, entretenir et mutualiser les équipements, puis les louer aux opérateurs. PTI, déjà présent dans 25 pays, s’est imposé comme un acteur de référence sur ce créneau. Soutenu par Blackstone, le groupe dispose des moyens financiers pour mener à bien une telle opération, même si les négociations restent tendues. Patrick Drahi, à la tête d’Altice, n’en est pas à son premier coup de maître en matière de cession d’actifs. Il avait déjà réussi, en 2024, à obtenir près de 950 millions d’euros lors de la vente de La Poste Mobile, en partenariat avec le groupe La Poste. Dans un contexte de consolidation et d’optimisation du marché européen des télécoms, cette cession pourrait marquer une étape significative. Pour Phoenix Tower, ce serait une porte d’entrée stratégique en France. Pour les deux opérateurs, une manière d’assainir leurs finances sans sacrifier leurs capacités réseau. Le verdict est attendu dans les prochaines semaines.

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