Après deux ans d’essais à grande vitesse, la nouvelle génération de TGV est sur le point de franchir une étape décisive. Les tests d’admission du TGV M, officiellement baptisé TGV Inoui 2025, se sont achevés avec succès cet été. Prochaine étape : l’homologation par l’Agence européenne de sécurité ferroviaire et l’EPSF, attendue début 2026. Si tout va bien, les premiers voyageurs pourraient embarquer dans la foulée, même si certains syndicats jugent plus réaliste une mise en service au printemps 2026. Conçue par Alstom, cette cinquième génération de TGV est attendue comme le Messie par SNCF Voyageurs. « On manque cruellement de trains », martèle régulièrement son patron Christophe Fanichet. Les essais menés depuis juin 2023 ont permis de vérifier le comportement des rames dans des conditions variées – météo extrême, modes dégradés, configurations inhabituelles. Une rame vient d’ailleurs d’effectuer sa première marche à grande vitesse en autonomie, une étape jugée symbolique par la direction de la production.
Un calendrier serré, une demande pressante
Commandés en 2018 pour 3,5 milliards d’euros, les 115 exemplaires du TGV M devaient initialement entrer en service fin 2023. Le lancement a été repoussé plusieurs fois : d’abord à 2024, puis à l’hiver 2025. Désormais, la SNCF espère livrer ses premiers trajets début 2026 et augmenter progressivement la cadence, avec douze rames par an puis jusqu’à dix-huit à partir de 2028. Quinze de ces trains seront affectés au marché italien. Pour l’opérateur, l’enjeu est clair : absorber la hausse constante de la demande sur le réseau à grande vitesse et répondre à la pénurie actuelle de matériel roulant. La campagne de préexploitation, qui débutera dès la réception officielle de la première rame, doit permettre de valider en conditions réelles tous les réglages avant l’ouverture commerciale. Le TGV M se présente donc comme l’arme stratégique de la SNCF pour tenir ses promesses face aux voyageurs. Reste à franchir sans encombre le cap réglementaire et à tenir le calendrier : un retard supplémentaire serait difficile à justifier alors que la France manque déjà de trains pour ses prochaines grandes vacances.