Le géant auto issu de la fusion PSA-FCA a annoncé mercredi qu’il suspendait ses objectifs financiers pour 2025. Après un premier trimestre plombé par une chute de 14 % du chiffre d’affaires, le groupe se dit dans l’incertitude sur les droits de douane décidés par les États-Unis. « Nous ne pouvons pas chiffrer l’impact potentiel sur le marché et la concurrence », prévient le directeur financier Doug Ostermann, malgré des signaux positifs sur la prise de commandes en Amérique du Nord et le regain de part de marché en Europe.
Un coup d’arrêt sur les importations vers les États-Unis
Stellantis a même gelé, en avril, ses livraisons de véhicules européens vers les États-Unis, avant de revoir en mai-juin ses volumes de production et d’emploi pour limiter la casse. Après GM et Mercedes-Benz, le groupe tombe en retrait pour mieux jauger l’évolution des surtaxes américaines. Cette précaution s’ajoute à une année 2024 chaotique : performances financières en berne, départ de Carlos Tavares et rentabilité divisée par deux (5,5 % de marge opérationnelle). Pour compenser, Stellantis mise sur son « troisième moteur » : l’Amérique latine, où il domine, et le Moyen-Orient/Afrique. En Europe, il compte sur des nouveautés comme la Citroën C3, l’Opel Frontera ou la Fiat Panda Grande, tandis qu’aux États-Unis, les Jeep Grand Cherokee/Compass et les Ram 1500/2500 tirent son réseau de distribution. Mais face à un contexte mondial instable, le retour à une croissance pérenne reste un pari délicat.