SCPI : une embellie en trompe-l’œil pour l’immobilier collectif
SCPI : une embellie en trompe-l’œil pour l’immobilier collectif

Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) semblent sortir la tête de l’eau. Après une année 2024 marquée par des baisses de prix et des doutes persistants, le secteur affiche un rebond de la collecte au premier trimestre 2025 : un milliard d’euros engrangés, contre 700 millions un an plus tôt. Une hausse de 35 % qui pourrait laisser penser à un retour de la confiance. Mais dans les faits, le redressement reste fragile.

Une dynamique portée par quelques poids lourds

Si la collecte progresse, elle reste concentrée. Selon Paul Bourdois, cofondateur de France SCPI, « les chiffres annoncés peuvent laisser craindre une collecte annuelle en demi-teinte ». En cause : la concentration des investissements sur une poignée de SCPI historiques, tandis que les nouvelles venues en 2024 collectent peu. Résultat : la reprise profite à un segment restreint du marché. De plus, la performance du premier trimestre, traditionnellement la plus forte de l’année, ne garantit pas une tendance durable. Le rendement reste lui aussi stable, avec un taux de distribution moyen de 1,13 % sur le trimestre, soit une projection annuelle autour de 4,52 %. C’est légèrement en dessous de 2024 (4,72 %). Mais cette stabilité est en partie illusoire : avec une baisse de 4,5 % du prix des parts sur un an, le dividende réellement perçu par les associés est en recul.

Liquidité limitée et valorisation sous pression

Autre sujet de vigilance : la capacité à sortir du placement. La valeur totale des parts en attente de retrait s’élevait à 2,25 milliards d’euros au 31 mars, en léger recul par rapport aux 2,4 milliards de fin 2024. Mais cette baisse s’explique essentiellement par une diminution des prix de part, pas par une véritable amélioration de la liquidité. En réalité, le nombre de parts bloquées reste stable. Cela dit, seules 15 SCPI environ sont concernées sur les quelque 200 du marché. Et certaines d’entre elles commencent à céder des actifs pour honorer les retraits, signe d’une gestion plus active de la crise. En somme, les SCPI montrent des signes de résistance, mais la reprise reste inégale, et les faiblesses structurelles – liquidité, valorisation, concentration – sont encore bien présentes. L’heure est à la prudence plus qu’à l’euphorie.

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