En s’installant au sommet de la capitalisation mondiale, le géant américain des puces pour l’intelligence artificielle repousse une fois de plus les limites de la Bourse. Wall Street n’avait encore jamais vu cela. Mercredi 9 juillet, Nvidia a franchi un cap symbolique et spectaculaire : plus de 4 000 milliards de dollars de valorisation boursière. Une première dans l’histoire des marchés. En séance, le titre progressait encore de 2,6 %, confirmant un parcours fulgurant déjà salué par les analystes depuis des mois.
L’intelligence artificielle alimente l’euphorie
La révolution technologique en cours continue de porter la firme de Santa Clara vers les plus hauts sommets. Nvidia s’impose comme l’épine dorsale de l’infrastructure IA, ses GPU étant devenus incontournables pour les géants du numérique dans le développement des grands modèles de langage. Résultat : des chiffres qui donnent le tournis. Le chiffre d’affaires annuel a bondi de 126 % à près de 61 milliards de dollars, et les bénéfices ont été multipliés par près de quatre, atteignant 32,3 milliards. Le marché, dopé par les prévisions de croissance à deux chiffres et la promesse d’un « supercycle » industriel sur dix ans, a largement validé la stratégie de l’entreprise. En trois ans, le cours de l’action a progressé de plus de 950 %.
Des menaces déjà digérées
Certes, l’année 2025 n’a pas été exempte de doutes. La percée d’une start-up chinoise affirmant développer une IA à bas coût sans les puces Nvidia, et les restrictions américaines sur les exportations vers la Chine, ont brièvement inquiété. Mais les résultats publiés fin mai ont vite rassuré : un chiffre d’affaires trimestriel de 44,1 milliards de dollars, supérieur aux attentes, et des prévisions jugées solides malgré les pertes estimées à 8 milliards de dollars dues aux sanctions. Selon Bank of America, la mauvaise nouvelle chinoise est désormais intégrée aux cours. L’institution a d’ailleurs relevé son objectif de prix à 180 dollars, saluant la performance de la nouvelle génération de puces Blackwell et la résilience du modèle économique.
Une décennie de croissance en ligne de mire
Pour Jensen Huang, patron visionnaire de Nvidia, le futur s’annonce comme un vaste terrain de conquête. IA souveraine, explosion des centres de données, robotique de nouvelle génération : les débouchés sont multiples. « Nous ne sommes qu’au début », a-t-il insisté fin juin, évoquant une vague de demande mondiale inédite. Nvidia est désormais à la tête de la première valorisation boursière au monde, devant Apple et Microsoft, et pourrait bien garder cette avance. L’ère de l’intelligence artificielle semble n’en être qu’à ses débuts, et Nvidia s’y est placé en maître absolu.