Cinq ans après l’arrêt du premier réacteur de Fessenheim, symbole de la fin d’une époque, le nucléaire français devait renaître. Emmanuel Macron avait promis, en février 2022 à Belfort, un plan ambitieux pour relancer l’atome, présenté alors comme un pilier de la souveraineté énergétique et de la transition écologique. Mais trois ans plus tard, la réalité s’avère plus complexe.
Des ambitions affichées, des obstacles persistants
En ce début d’année 2025, lors d’une visite à l’usine Framatome de Maubeuge, le chef de l’État a vanté les efforts de la filière : réorganisation, embauches, chantiers lancés. Pourtant, les retards s’accumulent. Les nouveaux réacteurs EPR2 promis prennent du temps à se concrétiser, tandis que les coûts explosent. Les experts soulignent un manque de planification globale et une filière encore trop fragile pour répondre à l’ampleur des objectifs fixés. Les promesses d’une renaissance rapide se heurtent à des réalités techniques, financières et humaines. La main-d’œuvre qualifiée manque, les délais s’allongent, et la facture pèse lourdement sur les finances publiques.
Un avenir encore incertain pour l’atome français
La relance nucléaire devait répondre à deux urgences : l’indépendance énergétique face à la guerre en Ukraine et la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Si la filière recrute et attire de nouveaux projets, elle reste freinée par ses lourdeurs internes. Entre enthousiasme politique et contraintes industrielles, l’avenir du nucléaire français s’écrit encore en pointillés. La filière, relancée à grand renfort de discours, peine pour l’instant à tenir ses promesses.