Menaces de retrait : les géants de la pharma mettent la pression sur Bruxelles
Menaces de retrait : les géants de la pharma mettent la pression sur Bruxelles

Les laboratoires pharmaceutiques haussent le ton. Dans une lettre, trente-deux dirigeants d’entreprises du secteur ont interpellé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. En ligne de mire : la compétitivité du marché européen, jugée trop faible face aux États-Unis. Et l’ultimatum est clair : sans « mesures audacieuses », des milliards d’euros d’investissements pourraient s’évaporer hors du continent.

Un marché européen jugé trop frileux pour l’innovation

Dans ce courrier musclé, les signataires – parmi lesquels Pfizer, Roche, Sanofi ou GSK – réclament une refonte profonde des conditions de développement et de mise sur le marché des médicaments en Europe. Ils dénoncent des prix trop bas, des procédures d’essais cliniques trop longues, et des contraintes réglementaires qu’ils estiment de plus en plus pénalisantes pour la recherche. Selon eux, l’Europe ne récompense plus suffisamment l’innovation. Résultat : le secteur observe une érosion inquiétante de ses investissements en recherche et développement, au profit des États-Unis, bien plus attractifs en matière de fiscalité, de temps d’homologation et de marges.

L’environnement réglementaire également dans le viseur

Les laboratoires demandent également la suspension d’une directive environnementale en cours d’élaboration, qui impose un traitement renforcé des eaux usées. Ils estiment que cette norme ferait peser une charge « disproportionnée » sur leur activité industrielle. Une manière de glisser une pierre supplémentaire dans le jardin d’une Union européenne déjà accusée de freiner l’innovation par excès de zèle réglementaire. Et pour peser dans le rapport de force, ils brandissent une menace chiffrée : 16,5 milliards d’euros d’investissements pourraient être redirigés ailleurs si Bruxelles ne réagit pas dans les trois mois. Un avertissement frontal, à quelques semaines des élections européennes, et alors que la souveraineté sanitaire du continent reste un enjeu stratégique post-Covid. Sous la pression, la Commission va-t-elle céder ou résister ? Les laboratoires, eux, n’attendront pas indéfiniment.

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