La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis pourrait faire des heureux dans le ciel asiatique. Malaysia Aviation Group (MAG), maison mère de Malaysia Airlines, a confirmé être en discussion avec Boeing pour récupérer des créneaux de livraison d’avions initialement destinés à des compagnies chinoises. Ces discussions font suite au refus par certaines compagnies chinoises de réceptionner des Boeing 737 MAX, en raison du climat commercial tendu entre Pékin et Washington. Boeing a même commencé à rapatrier des appareils neufs depuis son site d’assemblage à Zhoushan, situé en Chine.
Une opportunité née des tensions sino-américaines
Dans ce contexte, MAG voit une chance d’accélérer la modernisation de sa flotte. Alors que les compagnies aériennes sont confrontées à des délais de livraison allongés du fait de goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement et des ralentissements de production chez Boeing comme chez Airbus, la disponibilité inédite de certains avions pourrait lui permettre de passer devant dans la file d’attente. Malaysia Airlines avait déjà commandé 30 Boeing 737 MAX pour une livraison prévue à partir de 2030, tout en louant 25 appareils supplémentaires pour la période 2023-2026. Mais elle veut aller plus vite. Elle ambitionne en parallèle d’élargir sa présence sur les marchés stratégiques de l’ASEAN, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Asie du Sud, portée par une hausse de 9 % des réservations anticipées sur un an. Malgré les retards de livraison, le groupe malaisien a dégagé en 2024 un bénéfice net de 54 millions de ringgits malaisiens (10,6 millions d’euros), marquant sa troisième année consécutive de profits. L’activité reste dynamique, tant sur les segments passagers que cargo, avec des taux de remplissage en progression, notamment sur les vols premium.