Le gouvernement indien a approuvé mercredi un plan de soutien de 450,6 milliards de roupies (environ 5,1 milliards de dollars) destiné à aider ses exportateurs, lourdement touchés par les nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis. Ce programme, réparti sur six ans, comprend notamment 200 milliards de roupies de garanties de crédit pour les prêts bancaires et 250,6 milliards pour des mesures de financement commercial et de soutien logistique, a annoncé le ministre de l’Information, Ashwini Vaishnaw.
Le plan vise à compenser l’impact des récentes hausses tarifaires américaines, qui ont fait grimper les droits de douane jusqu’à 50 % sur plusieurs produits indiens, dont les vêtements, les bijoux, le cuir et certains produits chimiques. Washington a notamment instauré une taxe punitive de 25 % sur les exportations indiennes en réaction aux achats de pétrole russe par New Delhi.
Les secteurs les plus exposés, tels que le textile, la bijouterie et les produits de la mer – en particulier la crevette – subissent de plein fouet ces mesures. Ces industries, qui fonctionnent avec des marges étroites de 3 à 5 %, connaissent déjà des pertes d’emplois importantes dans plusieurs régions industrielles, notamment au Tamil Nadu et dans l’État du Gujarat, fief du Premier ministre Narendra Modi.
Le programme de garanties de crédit, valable jusqu’en mars 2026, permettra aux petites et moyennes entreprises exportatrices d’obtenir des prêts bancaires sans garantie, jusqu’à un montant de 500 millions de roupies. L’objectif est de renforcer leur compétitivité et de les aider à diversifier leurs marchés à l’exportation.
Selon la Fédération des organisations d’exportateurs indiens (FIEO), environ 55 % des exportations indiennes vers les États-Unis, représentant quelque 48 milliards de dollars, subissent désormais un désavantage de coûts face à la concurrence du Vietnam, de la Chine ou du Bangladesh. Les exportations de marchandises indiennes vers les États-Unis – le premier partenaire commercial du pays – ont chuté de près de 12 % en septembre sur un an, après l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs fin août. Les livraisons de biens d’ingénierie ont, elles, reculé d’environ 10 %.
Ce plan d’urgence intervient alors que New Delhi et Washington s’apprêtent à conclure un nouvel accord commercial et de sécurité, susceptible de déboucher sur un allègement progressif des tarifs punitifs. Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que les deux pays étaient « proches d’un accord » visant à renforcer leurs relations économiques et stratégiques, une perspective que l’Inde espère concrétiser rapidement pour relancer ses exportations et préserver ses emplois.