L’économie chinoise a enregistré une croissance de 5,2 % au deuxième trimestre 2025, un chiffre légèrement supérieur aux prévisions des analystes, mais qui masque un essoufflement progressif de la reprise dans un contexte de consommation intérieure atone, de crise immobilière persistante et d’inquiétudes croissantes sur le front commercial avec les États-Unis. Selon les données officielles publiées mardi, cette performance marque un léger ralentissement par rapport aux 5,4 % enregistrés au premier trimestre, et souligne les défis persistants auxquels fait face la deuxième économie mondiale.
Malgré un premier semestre jugé « solide » par certains analystes, les perspectives pour la fin de l’année s’assombrissent. Les exportations chinoises, qui avaient bénéficié d’un répit temporaire dans les tensions commerciales avec Washington, montrent désormais des signes d’essoufflement. En parallèle, la reprise de la consommation intérieure, pilier stratégique pour rééquilibrer la croissance, peine à se concrétiser. Les dernières données de juin font état de ventes au détail plus faibles que prévu, bien que la production industrielle ait légèrement progressé.
Les consommateurs chinois, prudents face à l’avenir, réduisent leurs dépenses dans un climat d’incertitude économique. Mallory Jiang, médecin à Shenzhen, illustre ce climat de prudence : « Mon mari et moi avons vu nos salaires baisser cette année. Même avec une croissance du PIB, ça ne change rien à notre quotidien », confie-t-elle. Ce décalage entre les chiffres macroéconomiques et la réalité des ménages traduit une défiance persistante, alimentée par la baisse des prix, la déflation et le marasme dans l’immobilier, secteur clé de l’économie.
Le gouvernement chinois a tenté de relancer l’activité par des mesures de soutien ciblées, comme des subventions à l’achat ou des incitations fiscales. Mais ces leviers semblent perdre en efficacité, et de nouveaux plans de relance sont désormais attendus pour le second semestre. Les économistes estiment que Pékin devra adopter une politique plus agressive pour espérer atteindre l’objectif de croissance annuelle de 5 %, jugé de plus en plus ambitieux au vu des tensions structurelles.
À cela s’ajoutent les incertitudes géopolitiques, notamment la menace d’une nouvelle vague de droits de douane américains. Alors que l’administration Trump accentue la pression commerciale, les entreprises chinoises anticipent une période d’instabilité prolongée. L’économie chinoise, encore largement dépendante de la demande mondiale et des exportations, pourrait en subir de plein fouet les conséquences au second semestre.
Pour les autorités de Pékin, l’équation devient de plus en plus délicate : il s’agit de soutenir la croissance sans provoquer de nouvelles bulles financières, tout en consolidant la confiance d’une population échaudée par deux années d’instabilité post-pandémie. Dans ce contexte, la trajectoire économique de la Chine dans les mois à venir pourrait avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières.