Le groupe Casino cherche à alléger sa dette, Kretinsky prêt à investir 300 millions d’euros 
Le groupe Casino cherche à alléger sa dette, Kretinsky prêt à investir 300 millions d’euros 

Casino a engagé une nouvelle série de discussions avec ses créanciers afin d’aboutir à une restructuration de sa dette, un processus déjà mené une première fois en 2024. L’entreprise, contrôlée depuis l’an dernier par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, fait face à un endettement qui atteignait un milliard quatre cents millions d’euros au premier semestre 2025. Elle souhaite ramener ce montant à huit cents millions avant l’échéance de mars 2027, tout en renforçant ses fonds propres d’ici le milieu de l’année 2026. L’actionnaire principal, via France Retail Holdings, se déclarait disposé à garantir une augmentation de capital de trois cents millions d’euros, sous réserve que les négociations débouchent sur un accord satisfaisant. Dans le cadre de cette opération, la dette devrait être réduite d’environ six cents millions et le taux d’intérêt ramené de neuf à six pour cent. L’objectif affiché consistait à sécuriser la structure financière du groupe et à permettre à l’actionnaire majoritaire d’augmenter sa participation pour atteindre près de soixante-huit pour cent du capital.

Des créanciers ouverts à plusieurs options et un plan stratégique prolongé jusqu’en 2030

Les créanciers réunis lundi déclaraient être prêts à envisager différentes solutions pour accompagner Casino, y compris un financement intégral provenant de leurs propres lignes si nécessaire. Cette position reflétait une volonté commune d’éviter un scénario de démantèlement ou une prise de contrôle extérieure. Le groupe rappelait que sa dette avait déjà été allégée de près de cinq milliards d’euros lors de la précédente restructuration, une opération qui s’était accompagnée du départ de son fondateur, Jean Charles Naouri. Malgré ces réductions, l’endettement était reparti à la hausse depuis fin 2024, ce qui justifiait une nouvelle intervention. Les dirigeants de Casino affirmaient que le plan stratégique récemment présenté poursuivait les transformations engagées depuis l’arrivée de Daniel Kretinsky. Le groupe qui s’est séparé de la quasi-totalité de ses hypermarchés et supermarchés se concentrait désormais sur ses enseignes urbaines et de proximité, notamment Monoprix, Franprix et Naturalia. Cette stratégie visait à consolider les formats jugés les plus rentables dans un marché du commerce de détail en pleine mutation.

Une restructuration perçue comme une étape vers une croissance rentable

Le directeur général assurait que les engagements de l’actionnaire principal constituaient un signal de confiance et démontraient la volonté de poursuivre la transformation du groupe jusqu’en 2030. Casino prévoyait de rénover l’intégralité de ses magasins Monoprix, d’ouvrir plusieurs centaines de points de vente supplémentaires et de renforcer son réseau de franchises. Le plan financier évoquait également une amélioration progressive des indicateurs de rentabilité, avec un chiffre d’affaires visé à quinze milliards d’euros en 2028 puis près de seize milliards en 2030, et un Ebitda ajusté attendu en hausse continue. Les équipes dirigeantes espéraient convaincre les créanciers que cette stratégie, couplée à une réduction importante de la dette, permettrait au groupe de renouer durablement avec une croissance rentable. Les discussions engagées devaient se poursuivre dans un climat décrit comme constructif par les créanciers, conscients des enjeux entourant l’avenir de l’un des principaux acteurs de la distribution alimentaire en France.

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